‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 61 sur 247 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

propres conducteurs. Les rations de vivres étant composées en partie de biscuit et en partie de riz, les soldats purent porter, sans se fatiguer, huit jours de vivres. Après avoir formé les garnisons ainsi que je l'ai indiqué, et laissé les places entre les mains d'officiers capables, à la fin de mars, je réunis, dans les environs de Zara, de Benkovalz et d'Obrovatz, l'armée prête à entrer en campagne. Sa force était de neuf mille cinq cents hommes d'infanterie, formés en deux divisions : première division commandée par le général Montrichard ; deuxième division, par le général Glausel, et composées des régiments suivants : 8" et 18* d'infanterie légère, 5% H% 25% 79% 81* d'infanterie de ligne, quatre cents chevaux, douze pièces de canon.

L'armée autrichienne en présence, plus du double de la mienne, se composait, il est vrai, de troupes d'une qualité fort inférieure, de dix-huit bataillons, tous croates, forts chacun de douze cents hommes, savoir : les quatre bataillons du régiment de Licca, et deux bataillons de chacun des sept autres régiments. La cavalerie avait quatre escadrons de dragons légers, de sept cents chevaux, et Tçirtillerie vingt-quatre bouches à feu. Ces troupes étaient sous les ordres du général Stoisevich. J'avais de plus à combattre la population entière, qui, par son organisation, est soumise aux dispositions mi-

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lilaires, s'arme, se meut, et exécute tout ce qui lui est prescrit.

Cette organisation de la population me donnait la certitude qu'après avoir obtenu des succès, après avoir conquis le pays, je ne recevrais aucun secours des habitants, et ne trouverais que des villages abandonnés et des maisons désertes. La diflicullé de ma position et mon isolement devaient m'empêchcM de négliger aucun secours. J'essayai, par la |K)lilique, une i)etite diversion qui me réussit et me fut utile alors, mais qui, plus tard, me causa quelques embarras. I.ors de la paix deSistow, conclue entre les Autrichiens et les Turcs, en 171M, une langue de terre bordant le pied- des montagnes dans la vallée» de Tlinna, et située sur la rive gauche de cette rivière, fut cédée par la Porte à T Autriche. Ce territoire, très-fertile, fort habité, et d'tine Ion* gueur de vingt lieues environ, est défendu parla forteresse de Czettin, dont les Autrichiens, commandés par le général Devins , ne s'emparèrent qu'ai)rès trois semaines de tranchée ouverte. Une question de souveraineté pour les Turcs est en même temps une question de propriété; car, comme ils répugnent à vivre sous une domination chrétienne, (|uand le Grand Seigneur cède un territoire, souvent ^en Europe du moins) ceux qui Thabitent abandoiment leurs champs et se retirent. 11 en fui ainsi ;'i ré|)oque dont je parle. Alors le Grand Sei-

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