LIVRE XI
Ntipoléon sur Vienne. Par suite de ce mouvement, le vice-roi allait reprendre Toffensive et marcher sur le Frioul. Ses succès cette fois ne pouvaient pas être incertains, et j'étais sûr, en marchant moimême, de le rencontrer. Je résolus de ne pas attendre un moment pour agir, et, dès le surlendemain, 13, j'entrai en opération.
Je laissai la division Monlrichard en observation devant le grand débouché de la Zermagna, et je la* plaçai de manière à pouvoir en même temps soutenir au besoin, par un détachement, la division Clausel. Je dirigeai celle-ci inimédiatement sur les positions que j'avais reconnues quinze jours avant, et au pied desquelles nous avions déjà combattu. L'ennemi avait laissé environ quatre à cinq mille hommes sur la basse Zermagna. La masse de ses troupes était divisée en deux portions : l'une tenait en force le mont Kitta, clef de la position; l'autre était dans la vallée avec toute son artillerie et sa cavalerie. Ses dispositions étaient tout à la fois offensives et défensives. Si nous avions éprouvé un échec au mont Kitta, la colonne de la vallée aurait débouché avec tous ses moyens organisés, tandis que le corps placé du côté d'Évernich, dans les montagnes bornant la basse Zermagna, serait descendu, aurait passé cette rivière et coupé ma communication avec Zara. Ce plan était bien conçu, et, si un revers complet dans notre attaque eût été
li^? MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
suivi de ce mouvement, notre position serait devenue embarrassante; nous ne pouvions plus de longtemps penser à débouclier.
Le mont Kitta ofTre une magnifique position. Son développement est assez grand, et plusieurs pitons forment comme autant de redoutes. Son pied est couvert et défendu par un afnuent de la Zermagna, qui, ce jour-là, était heureusement guéable.
Doux régiments de la division Clausel, le 8* léger et le "25% furent chargés d'enlever la position. Elle fut emportée après une vive résistance. Je m'y rendis aussitôt, et j'appelai à moi le 1 T et le régiment <lc chasseurs à cheval, monté sur des chevaux bosniaques. Le 8's'élant abandonné à la poursuite des troupes battues qui se retiraient par les hauteurs, le '23* suivit. Je le lis arrél(M% et je renforçai la position avec le 11% placé sur le revers et caché de manière à ne pas être aperçu.
Le général Stoisevich vil, de la vallée où il était, 1 événement arrivé aux troupes du mont Kitta; il savait le prix de sa possession, soit qu'il se bornât à la défensive, soit qu'il se décidât à essayer de Toflensive; aussi voulut-il le reprendre et profiter du moment où, par Tentrainement du succès, les troupes victorieuses s'éloigneraient du lieu où elles avaient vaincu, sans avoir assuré suflisamment sa conservation. Avant mis en mouvement immédialement au moins quatre mille hommes du corps de