‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 66 sur 247 · LIVRE XI. — 1808-1800. IJ · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — 1808-1800. IJ

la vallée, îl se plaça a leur tête et gravit directement le mont Kitta, en se dirigeant par la ligne la plus courte sur ses sommités.

Je lançai quelques troupes en avant, avec ordre de rétrograder pour l'encourager dans son mouvement. Le général Stoisevich marchait avec une nuée de tirailleurs en avant de la colonne. Au moment où il croyait atteindre son but et saisir la victoire, le H' régiment se montra et marcha à la baïonnette contre cette infanterie essoufflée, fatiguée; en même temps, mes trois cents chasseurs ayant fait une charge sur ce qui s'était le plus avancé, huit cents homïnes, cinquante officiers furent faits prisonniers, et avec eux le général Stoisevich <onimandant cette armée. La colonne rétrograda aussitôt dans la vallée et fit sa retraite sur Popina, où <les retranchements très-considérables avaient été préparés.

Ce début de campagne était de bon augure. J'envoyai en toute hâte les prisonniers à Zara, et, comme je ne leur donnais qu'une faible escorte, je les dirigeai par Knin, Demis et Sebenico : ainsi constamment couverts par la Kerka, leur sûreté, pendant leur marche, ne fut jamais compromise. Les pertes de l'ennemi, dans cette affaire, dépassèrent trois mille hommes tués, blessés ou prisonniers. Un assez grand nombre de soldats, en outre, jeta ses armes pour fuir plus facilement dans les

lii MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

rochers et échapper ù la cavalerie* d*où il suit que ce combat affaiblit rennemi d'environ quatre mille hommes.

Le lendemain, je marchai sur Popina. La division Montrichard et Tartillerie s'y rendirent par la vallée, tandis que je m'y portai par les montagnes avec la division Clausel. Les retranchements étaient phicés au point où la route quitte les bords de la rivière. Un développement sufiisant, de bons appuis, rendaient l'attaque difficile. A peine étais-je occupé à reconnaître le point le plus faible, que je visTenniMui s'ébranler pour opérer sa retraite; je le suivis sans retard. La prise du général Stoisevich contribua sans doute beaucoup au changement de système .

Je fis poursuivre l'ennemi avec toute l'activité possible par mon avant-garde. Marchant avec elle, j'avais donné Tordre au reste de l'armée de presser son mouvement pour me soutenir. Je renéontrai rarrière-ganle ennemie à une lieue et demie de (îrachaz. Elle essaya de nous arrêter pour favoriser h» retour de la colonne d'Évernich qu'elle couvrait; mais, culbutée, elle se retira jusque dans la plaine, où l'armée était rassemblée.

Nous marchions sur le revei's des montagnes au pied desquelles coule la Zermagna. Le corps de (|uatre à cin(i mille hommes, qui les occupait, dut se diriger directement sur Gospich, par suite de la

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