‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 7 sur 247 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

crête et arriva au sommet de la montagne, sur la croupe de laquelle Caslelnuovo est bâti, tandis que le 79' régiment, soutenu par le 25% celui-ci par le 18* léger, et ce dernier par la garde italienne, débouchait dans la vallée. Le régiment d'élite avait à combattre une nuée de paysans précédant un bataillon russe. L'attaque des voltigeurs n'ayant pas réussi, le bataillon de grenadiers marcha, ayant à sa tête le général Launay, et enleva la position. Le 11% marchant dans un étage inférieur, eut à combattre deux bataillons russes et une grosse troupe de paysans. Il les aborda franchement; un combat à la baïonnette s'engagea, et plus de cent Russes et cent cinquante paysans y périrent. Les Russes se retirèrent avec précipitation sur le gros de leurs troupes, qui se trouvaient dans la plaine.

Pendant les événements de la gauche, la tête du 79* régiment était arrivée à l'entrée du bassin de Castelnuovo. La vallée, d'abord étroite, s'élargit tout à coup. C'est là que plus de quatre mille Russes nous attendaient en bataille. Il était impossible de prendre une formation régulière sans combattre; il fallait gagner un peu d'espace. Le 79% après s'être réuni, autant que le terrain pouvait le permettre, se précipita sur la ligne russe et la fit rétrograder en partie. Ce régiment entier se trouva en tirailleurg, mais le courage des soldats suppléait à l'empire de la discipline et d'une bonne formation;

il tenait ferme contre un nombre très-supérieur, tandis que le 25% à la tête duquel marchait le général Delzons, approchait. Quand la tête eut débouché, je chargeai le général Lauriston de rallier le 79', et de le porter sur les hauteurs à gauche, pour couvrir le flanc du 25', et empêcher les deux bataillons russes, qui descendaient la montagne et n'avaient pu être suivis à cause de la difficulté du terrain, de les occuper. Un feu très-vif de ce régiment prépara la charge ordonnée au 25% et exécutée aussitôt qu'il eut été formé en colonnes par sections, f.es bataillons prenant leur distance en marchant, cette charge, conduite avec vigueur par le f^'énéral Delzons, avait pour but de couper la droite de l'ennemi et de tourner son centre. La première position emportée, la droite des Russes se retira, homme par homme, dans les montagnes en arrière. Le centre se replia d'abord sur une hauteur, immédiatement après attaquée et enlevée, et enfin sur ime troisième, où il tint ferme. La gauche et une réserve s'y rallièrent. Pendant ce combat, le 18* d'infanterie légère, sous les ordres du général Soyez, avait débouché et s'était formé en colonnes. Je lui ordonnai de passer à la gauche du 23* et de marcher droit sur Castelnuovo pour tourner Tennemi, tandis que le 25* ferait une nouvelle attaque, et je gardai en réserve le 79* et la garde. Ces mouvements s'exécutèrent aussitôt; mais, soit que l'en-

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neiiii senlit son danger imminent, soit que l'attaque du 23* eût été trop vive, il se replia en toute hâte, et le 1<S' ne put atteindre que la queue de sa colonne, au lieu de tomber sur son flanc, comme je l'avais espéré, et de le couper en grande partie. Quinze cents hommes seraient tombés en notre pouvoir, si un défilé à passer n'eût retardé la marche du 18* de dix minutes environ. Il arriva cependant encore à temps pour écraser par son feu la colonne russe, mise en fuite et cherchant son refuge, partie dans la mer et sur les canots de l'escadre envovcs pour la recueillir, et partie dans la plaine protégée par le feu du fort espagnol. Un quart d'heure après, il ne restait pas un seul Russe hors de l'enceinte de Castelnuovo, et les paysans armés avaient disparu. Le feu des vaisseaux et du fort soutint l'embarquement des troupes russes, mais sans nous faire souffrir.

Depuis six mois, les Bocquais, excités par les Russes, n'avaient pas cessé de nous insulter. Pendant la suspension des hostilités, ils avaient attaqué nos avant-postes. J'avais fait tous mes efforts pour les rappeler à leur devoir et leur faire sentir leur véritable intérêt. Ils n'en avaient tenu compte; ils ' croyaient mes démarches inspirées par la crainte. Les Grecs, sujets turcs du voisinage, s'étaient joints à eux. J'avais porté mes plaintes au pacha deTre-

bigne; il m'avait répondu qu'il abandonnait les rein. 2

b^ii^ .:i m;» Ten;i€aiKe. Je me «lêcidai à & ire un

t*»'is U'S fauJ»ii:;i- «Je Ca<lelnu«.»To : cêtaîl ^-uiiirla r'rl^llîoD dans ^n ftiver iDême. et. le lendeuiain. cet ordre fui eit^culé. 4e fis é^iargner la maison don haliiUini qui dTaii. quelques mois auparaTani, ^'fUTé la TÎe à un Français. ^*n y plaça un êcrileau jfour faire connaîlre le motif de celle eiception. Le i oclobre. au momenl où je faisais incendier les iieaux faubiiurgs de Caslelnuovo, malgré le feu de la flotte ennemie, mille h douze cents i^aysansel quelques Russes vinrent attaquer les postes de ma {gauche, les surprirent et les obligèrent à se replier. I>e nombre des ennemis augmentant, je dus y faire marcher des troupes. J'employai dans cette circonstance la g;irde italienne, désespérée de n'avoir p;is œmbattu la veille. Soutenue par un bataillon du 70*^ et quelques autres détachements, l'enn rni fut chassé de toutes parts, laissant deux cents morts sur la place, et tout rentra dans le silence. } insi l'ennemi, qui comptait mettre à feu et à sang l-ngiise et la Dalmalie, n'avait pas pu défendre son Icrriloire et ses propres foyers.

On peut évaluer la perte de l'ennemi, dans ces trois afl'aires, pourlesUusses, à trois cent cinquante honmies tués et six à sept cents blessés; nous leur finies, en outre, deux cent onze prisonniers. Les

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