‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 73 sur 247 · LIVRE XI. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — CORRESPONDANCE

vez à cet effet. — Faites également partir plusieui*s petits bateaux chargés de poudre, qui iront le long des côtes, et réussiront à passer à Corfou à travers la croisière ennemie. Il est probable que, sur cinq bateaux, chargés de trois milliers de poudre chacun, il en arrivera trois ou quatre. Si vous aviez moyen de faire passer aussi quelques affûts, soit de siège, soit de côte, soit de place, faites-le : il paraît qu*ilsen ont besoin. — Envoyez régulièrement, au moins tous les quinze jours, un de vos officiers à Corfou. Que le général César Berthier vous en envoie un des siens aussi tous les quinze jours. Par ce moyen, vous aurez toutes les semaines des nouvelles de Corfou, et cette grande quantité d'ofliciers, passant et repassant, prendra une connaissance parfaite des localités. — J'approuve fort l'envoi d'un agent à Bérat. Il faut connaître à fond cette route, dont le détail, lieue par lieue, m'intéresserait beaucoup. — Je ne conçois pas ce que vous me dites que la Dalmatie ne peut pas fournir de chevaux; elle en fournissait plusieurs milliers aux Vénitiens. — Tenez un agent près l'évêque des Monténégrins, et tâchez de vous concilier cet homme. — J'ai, je crois, un consul à Scutari ; mais il ne. m'écrit pas souvent. Exigez qu'il vous écrive tous les jours. Envoyez-moi des renseignements sur les golfes de Durazzo et de la Valona. Des bricks ou même des frégates peuvent-elles y entrer? Comme

VOUS êtes le maître d'y envoyer des ingénieurs et des marins, envoyez-v; recueillez les • renseignements que des gens du pays pourraient vous fournir, et faites-moi passer des croquis et des mémoires qui me fassent bien connaître ce que c'est que ces deux golfes. — Je suppose que, dans le cas où une escadre de douze ou quinze vaisseaux arriva rait à Corfou ou à Raguse, les mesures sont prises pour la mettre à Tabri de forces supérieures. Répondez-moi cependant sur celte question. — Je vois avec plaisir que vous n*avez pas de malades. — J'ai ordonné au vice-roi de vous envoyer encore deux mille hommes pour renforcer vos cadres, —le ministre de la guerre m'a fait connaître que vous demandiez le général Montrichard; il est parti pour prendre service sous vos ordres. »

NAPOLfiON A MABMONT.

Q Paris, le 9 février 1S06.

c< Monsieur le général Marmont, je reçois votre état de situation du 15 janvier. Comment arrive» t-il que vous ne me parlez jamais des Monténé* grins? 11 ne faut pas avoir le caractère roide; fl faut envoyer des agents parmi eux, et vous concilier les meneurs de ces pays. »

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