LIVRE XI. — CORRESPONDANCE
de l'Empereur, je la prie de vouloir bien prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'ils reçoivent leur prompte et entière exécution.
.« Je la prie aussi de m'accuser la réception de cette dépêche. »
NAPOLÉON A MARMONT
ff Paris, le 20 mars 1808
c< Monsieur le général Marmont, j'ai vu avec peine ce qui est arrivé à l'Ile de Lurîn-Grande le 24 février. Je conviens que cette île est trop éloignée pour y mettre des Français. Mais pourquoi n'y mettriez-vous pas quatre-vingts ou cent Dalmates qui empêcheraient aux vaisseaux et frégates d'y débarquer et d'insulter les habitants? Il faut que les Français et les Italiens proprement dits soient toujours réunis; mais les Dalmates peuvent être disséminés dans les îles. Envoyez-y des fusils pour armer des gardes nationales qui seconderont les Dalmates, et deux pièces de canon de fer de six, t^ qui sera un armement suffisant pour mettre ces lies à l'abri d'une insulte. »
LE PRINCE ELGÈr^Ë A MARMONT.
« Milan, le 28 mars 1806.
. u Je vous adresse, monsieur le général Marmont, une lettre que j'ai reçue hier soir, qui m*a été en-
voyée pour vous. J'ai voulu vous Tadrosser par une occasion sûre; j'ai voulu en profiter pour vous faire agréer mes compliments sur la nomination que je présume qu'elle renferme, puisque les lettres que je reçois en même temps de Paris m'annoncent que Sa Majesté vous a nommé duc de Raguse. J'espère que vous me connaissez assez pour être bien persuadé que, parmi tous les compliments que vous recevrez, aucuns ne seront plus sincères que lesmiens. »
MARMONT A NAPOLÉON
< Zara, le 30 mnrs 1808.
« Sire, j'ai reçu, il y a deux jours, une lettre du ministre de la guerre, qui m'exprime le mécontentement de Votre Majesté sur diverses dispositions de fonds italiens et sur l'administration de l'armée de Dalmatie. Comme l'objet de tous mes efforts est de remplir les intentions de Votre Majesté et de justilier ses bontés, je suis profondément affligé des reproches qui me sont faits.
« J'ai adressé au ministre un récit pur et simple de l'état des choses, et j'ose dire qu'il fait disparaître jusqu'aux prétextes de la plus légère accusation.
« filoigné de Votre Majesté depuis près de trois ans, privé du bonheur de faire la guerre, lorsque