‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 77 sur 247 · LIVRE XI. — CORRESPONDANCE. 1i · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — CORRESPONDANCE. 1i

« faire travailler nuit et jour aux fortifications de « Raguse et de Stagno, »

a Le prince de Neufchâlel m'écrivait, le 8 juillet 1807 : c< Raguse doit définitivement rester réunie « à la Dalmatie; vous devez donc faire continuer les « fortifications et les mettre dans le meilleur état. »

(c Les intentions de Sa Majesté étaient bien formelles, bien manifestées; et, malgré ma demande et mes sollicitations, il n'a jamais été fait, en l'an 1806, pour les fortifications dans l'État de Raguse, que soixante-dix-sept mille francs, dont six ou sept mille étaient déjà dépensés à mon arrivée, et dixneuf mille trois cents francs seulement depuis le 1" janvier 1807 jusqu'à ce moment, quoiqu'il fallût plus de trois cent mille francs pour exécuter (quoique d'une manière provisoire) les ordres qui m'étaient donnés.

« J'ai pris possession des places des Bouches. Il fallait armer la côte; il fallait mettre en ordre Cattaro. On n'a fait aucune espèce de fonds pour cet objet, quoi que j'aie pu demander et dire. Cependant les travaux étaient urgents. Il y a peu de jours que Sa Majesté me faisait l'honneur de m' écrire : a Je suppose que, dans le cas où une escadre de c( douze à quinze vaisseaux arriverait à Cattaro ou « à Raguse, les mesures sont prises pour la mettre « à l'abri de forces supérieures. Répondez-moi ce- <c pendant sur cette question. »

c< J'ai cru devoir, par suite de cette lettre, augmenter les dispositions défensives des rades de Raguse et de Castelnuovo, et on les exécute en ce moment. Voilà pour les travaux du génie.

ce En résultat, on n'a fait, jusqu'au mois de juin 1807, aucuns fonds pour les travaux de rartillerie en Dalmalie, et, jusqu'à ce moment, il n'a pas encore été fait pour l'État de Raguse et de l'Albanie le quart des fonds qui étaient nécessaires au génie pour exécuter les travaux d'urgence qui étaient ordonnés d'une manière pressante. Il fallait cependant pourvoir aux dépenses des uns et des autres.

« Pendant la guerre avec les Russes, nos communications étaient entièrement interceptées dans nos canaux. Les troupes ne pouvaient donc suivre que la communication par terre. Or celte communication est rendue difficile par la Narenta et la •(Jzettina, deux rivières fortes et sur lesquelles il n'y avait aucun moyen de passage organisé; it a fallu y faire construire des ponts de bateaux; et sans doute j aurais été inexcusable si, dans le cas du sirge de Raguse, je n'avais pu aller à son secours faute de pouvoir passer ces rivières. L'exemple de la marche du général Molitor ne peut être présenté en opposition avec ce que je dois attendre. Il est arrivé à Spalatro, à Stagno par mer, et il n'aurait jamais pu secourir Raguse si les Russes eussent alors occupé les canaux, comme ils l'ont fait

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depuis, et dont ils ne sont jamais sortis pendant 1807 jusqu'à la paix.

ce  l'égard des approvisionnements de siège, puisqu'on avait fait un bon fort à Lésina, puisqu'on avait mis en très-bon état de défense Stagno, puisqu'on avait fortifié Knin et que je devais être en garde contre T Au triche, que Lésina pouvait être bloqué, comme il l'a été en eflet pendant six mois de suite, il fallait bien y mettre des approvisionnements pour les garnisons qui devaient les défendre.

« A l'égard de ce que Votre Excellence ajoute que Sa Majesté trouve que l'armée de Dalmalie coûte plus qu'une autre qui aurait le double de sa force, je désirerais que Sa Majesté daignât motiver sou opinion. J'ai la conscience que,' dans aucune armée, il n'y a plus d'ordre que dans celle-ci, parce que je me suis occupé avec soin de surveiller toutes les parties de l'administration; et, à cet égard, je n'ai que des témoignages de satisfaction a donner à l'ordonnateur en chef Aubernon. Si Sa Majesté veut se faire représenter les marchés qui étaient passés avant mon arrivée et ceux qui ont été faits postérieurement, elle s'assurera que l'administration est arrivée progressivement à être plus économique de trente pour cent environ.

« Lorsque je suis arrivé, au mois de juillet 1806, la viande coûtait à l'État trente-quatre centimes la

ration : elle est aujourd'hui à vingt-deux centimes trois quarts. — De mauvais pain, à la même époque, était à quarante et un centimes la ration, et aujourd'hui d'excellent pain coûte vingt -sept à vingt-huit centimes. Les fournitures extraordinaires sont payées en argent aux corps, sur revues et comme solde, au prix de quinze centimes, fixées par Sa Majesté, et on ne perd jamais une occasion de réduire les prix, quand la chose est possible.

« Les seules dépenses qui ont été un peu fortes ont été les transports par mer, que j'avais cru pouvoir ordonner pour soulager les conscrits venant d'Italie, fatigués, exténués par une route pénible et affaiblispar les longuesmaladies qu'ils ont éprouvées cet été : cette dépense, à l'avenir, n'aura plus lieu.

« Vue autre dépense qui peut paraître considérable, et qui vous a été soumise, est celle qui a rapport aux officiers envoyés à Constantinople, auxofliciers et aux courriers envoyés à la grande armée pendant 1807, aux canonniers mis en marche pour Constantinople, aux officiers envoyés dans toute la Turquie pour foire des itinéraires et des reconnaissances; mais celte dépense ne pouvait pas être moindre, et tous ces mouvements ont été précisément ordonnés, et l'état qui a'été adressée Votre Excellence porte l'indication des individus qui ont éh» chargés do celte mission et des dépenses qu'a occasionnées chacune d'elles.

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