‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 78 sur 247 · LIVRE XI. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. - CORRESPONDANCE

« Je n'ai jamais eu ni traitement extraordinaire, ni fonds à ma disposition, et l'argent pour ces dépenses n'a pu être pris que purement et simplement dans la caisse de l'armée, au surplus, légitiinemeyit^ puisque j'y étais autorisé par une lettre du prince de Neufchâtel dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer copie.

« Il n'y a eu de violation de caisse, à l'armée de Dalmatie, qu'à la Hnde Tété 1806; alors l'administration de l'armée de Dalmatie dépendait de celle d'Italie; on ne faisait aucune espèce de disposition de fonds, ce qui faisait manquer tous les services à la fois et qui jetait partout un désordre épouvantable.

« Depuis quinze ou seize mois que le ministre Dejean fait les fonds directement, tout marche avec ordre et régularité, parce qu'il prévoit tous nos besoins el qu'il y pourvoit.

(f Je désire vivement que Sa Majesté se fasse rendre un compte détaillé de l'administration de l'armée de Dalmatie; j'ose croire qu'elle aura lieu d'en être satisfaite; et, si elle daigne remarquer que, par suite de cette bonne administration, elle n'a jamais eu plus de siept cents malades à la fois à l'hôpital, et que la mortalité a été presque nulle, quoique neuf mille hommes aient passé à l'hôpital pendant Tannée, elle trouvera que les dispositions ont été bien ordonnées, que la surveillance a été

Mû MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

constante, et que nous avons fait la première de toutes les économies, celle des hommes.

a Au surplus, comme le premier bu t que je me propose, le plus ardent de tous mes désirs, est de suivre précisément les intentions de Sa Majesté, je vous supplie de me dire quelle conduite je dois tenir à Tavenir, lorsque les ordres que je recevrai ne seront pas d'accord avec les moyens d'exécution, »

NAPOLÉON A MARNONT.

c Rayonne, le 8 nui 1806.

c< Monsieur le généra) Marmont, la solde de l'armée de Dalmalie est arriérée parce que vous avei distrait quatre cent mille francs de la caisse du payeur pour d'autres dépenses. Cela ne peut marcher ainsi. Le payeur a eu très-grand tort d'avoir obtempéré à vos ordres. Comme c'est le Trésor qui paye ces dépenses, ce service ne peut marcher avec cette irrégularité. Vous n'avez pas le droit, sous aucun prétexte, de forcer la caisse. Vous devez demander des crédits au ministre; s'il ne vous les accorde pas, vous ne devez pas faire ces dépenses. »

NAINH.ÈON A MA«MONT.

c Havoiinc, le 10 innî ISOK.

« Monsieur le général Marmont, il y a beaucoup

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de désordres dans l'administration de mon armée de Dalmatie. Vous avez autorisé une violation de caisse de près de quatre cent mille francs. Cependant le crédit mis à votre disposition pour les travaux du génie et de Tartillerie était de quatre cent mille francs. C'est une somme considérable. Comment n'a-t-elle pas sulTi? La Dalmatie me coûte immensément; il n'y a aucune régularité, et tout cela met dans les finances un désordre auquel on n'est plus accoutumé. Le payeur est responsable de toutes ces sommes; j'ai ordonné son rappel; il faut se dépêcher d'envoyer tous les papiers qui pourront établir ses comptes. Mais tout cela ne justifie pas la dépense. Vous n'avez pas le droit de disposer d'un sol, que le ministre ne l'ait mis à votre disposition. Quand vous avez besoin d'un crédit, il faut le demander. »

MARMONT A NAPOLÉON

c 5 JQio 1806.

«Sire, j'ai reçu hier au soir la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 16 mai* J'ai trop souvent éprouvé la bonté de Votre Majesté pour ne pas recourir avec confiance à son indulgence, si le reproche qu'elle fait du désordre à l'administration de l'armée de Dalmatie était fondé; mais, comme je crois être certain que cette admi-

iiistralion ne mérite pas de blâme, je supplie \otre Majesté de suspendr^ son opinion. Elle aura bieatôt, pour la fixer, le rapport de M. Firino, qui possède sa confiance. Il a vu avec détail tous nos établissements. Je souscris d'avance au rapport qu'il doit avoir Thonneur de vous adresser. Ce rapport comprendra toutes les branches de l'administration : ainsi il présentera à Votre Majesté le tableau complet de la situation des choses depuis l'entrée des Français en Dalmatie.

« Votre Majesté remarquera qu'à mon arrivée à cette armée tout était désordre, confusion et misère; que Tordre date seulement des premiers mois de mon commandement; et qu'en réduisant successivement le prix des fournitures faites à l'armée de trente pour cent nous avons toujours marché d'amélioration en amélioration. Je ne m'étendrai pas davantage sur l'administration générale. I^ diminution d'un tiei*s du prix des fournitures, la santé et le bien-être des troupes, sont des faits qui parlent assez d'eux-méme^. Je demanderai seulement à Votre Majesté la permission d'entrer dans quelques détails sur l'emploi des fonds qui, d'abord, auraient été destinés à la solde, et je les distinguerai en fonds français, fonds italiens, et par année.

« Je commencerai d'abord par prier Votre Majesté d'observer qu'il n'y a eu de violation de caisse

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