‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 79 sur 247 · I.IVnE XI. - COniiESPONDANCE · texte numérisé non relu

I.IVnE XI. - COniiESPONDANCE

qu'à mou arrivée à Tarmée, c'est-à-dire il y a deux ans. A celle époque, tous les services se trouvaient abandonnés, les hôpitaux encombrés, et Tadministraleur de Târniée d'ilalie, qui alors était chargé de l'administration de la Iroupe, n'avait fait aucuns fonds. Il fallait cependant pourvoir à ses besoins; il fallait soigner trois mille cinq cents malades, et assurer la subsistance des troupes.

ce L'Empereur acceptera qu'il faut faire vivre la troupe avant de la payer; et, lorsqu'il y a impossibilité de le faire autrement qu'avec de l'argent comptant, lorsque l'on est à six cents lieues de Tautorilé. il faul bien pourvoir aux premiers besoins par quoique moyen quil soil. Ces violations de caisse se sont élevées, pendant trois mois environ, à la somme de trois cent trente mille francs. Les comptes ont été envoyés au ministre : la dépense est légitime, parce qu'elle a été faite pour l'entretien des troupes, d'après les bases flxées par les règlements.

« Si les fonds n'ont pas été faits d'avance, la faute en est à l'administrateur de l'armée d'Italie. Le ministre a eu immédiatement connaissance des dispositions que les circonstances avaient rendues indispensablement nécessaires : c'était à lui à y remédier.

« Postérieurement à cette époque, il n'y a eu aucune violation de caisse, parce que le ministre,

qui a pris alors connaissance de nos besoins, a fait régulièrement les fonds convenables.

« Cette somme de trois cent trente mille francs, dont l'emploi irrégiilier est au moins le plus légitime possible, forme la plus grande partie du déficit de la caisse française; le reste va être expliqué d'une manière aussi naturelle.

« J'ai reçu à différentes reprises Tordre de Votre Majesté d'envoyer des officiers en Turquie, ensuite des canonniers, des courriers à Constantinople. A la paix, sous divers prétextes, j'ai dû faire voyager et résider auprès du pacha des officiers pour étudier et connaître le pays. Les ordres devaient être exécutés sans relard, sans délai. Et ou prendre les fonds, si ce n'est dans la caisse du payeur? J'aurais été coupable si j'eusse retardé d'un moment l'exécution des ordres de Votre Majesté. Ainsi ses ordres justifient suffisamment la légitimité de la dépense.

« Mais ces dépenses sont régulières, car, lorsque je reçus les premiers ordres de Votre Majesté, j'écrivis au prince de Neufchâtel, alors ministre de la guerre, de mettre à ma disposition les fonds nécessaires pour l'exécution de ces mêmes ordres; il me répondit que je pouvais prendre dans la caisse du payeur les sommes nécessaires, lui en envoyer l'état, et qu'il régulariserait ces dépenses par des fonds spéciaux. — Cette formalité a été rigoureuse-

Page 1