‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 81 sur 247 · II · texte numérisé non relu

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aucuns fonds. Ainsi, par exemple, j'ai reçu rendre d'envoyer par terre de la poudre à Gorfou ; les dix milliers que j'ai fait transporter ont coûté dix-huit mille francs, somme énorme, sans doute, mais né» cessaire, parce que telle est la nature des choses. I/officier qui a conduit ce convoi a eu des difficultés inouïes à surmonter, et il a fallu une patience, un courage et une persévérance dignes des plos grands éloges pour qu'il pût réussir dans sa mission, malgré l'argent quil a dépensé. J'ai envoyé (le la poudre par lui, il a fallu fréter un bfttiment; cependant, si j'eusse différé et que Corfou eût été attaqué, quels reproches n'eussé-je pas mérités! Et où prendre l'argent nécessaire si ce n'est dans le trésor de l'armée?

« Votre Majesté m'a écrit qu'il était possible qu'une armée nouvelle vint, soit aux Bouches, soit ù Haguse, et que sans doute elle y trouverait sûreté et protection. Jusqu'ici nous avions eu seulement dans nos travaux la défense des terres. La situttioD des choses changeant, il a fallu de nouvelles bilteries et de l'argent pour les construire. Les localités ne sont pas telles ici, qu'on puisse remettre aux derniers jours à exécuter de semblables travaux, attendu que, quelque moyen qu'on emploie, il faut du temps, vu l'escarpement des rochers; et queb regrets n'eussé-je pas éprouvés si, faute de prévoyance, j'eusse compromis le sort d'une de nos

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floltes! Les dépenses de ces ballcrios oiiL été réduites autant que possible ; mais le génie, n'ayant point de fonds, la caisse française en a fait l'avance.

'< En exécution des ordres du ministre, de d(uiner aux Russes tous les secours qu'ils demanderaienl, j'ai fait donner quelque argent à plusieurs reprises à un officier russe, qui commande deux bâtiments de guerre stationnés dans les Bouches, depuis huit mois, et imputé sur la solde de son emploi. Agissant ainsi, j'ai cru suivre les iiitpiiiions de Votre Majesté; et le ministre, qui me les avait noUûécs, n'a fait aucuns fonds, ni pour faire face h cette dépense lorsqu'elle pourrait avoir lieu, ni pour la rembourser, quoiqu'il fill instruit qu'elle ait été bite!

a Quoique je n'aie pas, en ce moment, entre les mains les documents qui peuvent me donner les moyensde fournira Votre Majesté un état détaillé des fonds,jepuisassurerquprex|K)sé ci-dessus est exact.

a Sire, il en résulte qu'en IXOfî \ps violations de oiBse ont été nécessitées par le besoin de faire vivre l'armée et d'entretenir les hilpilaux, attendu qu'il n'avait pas été fait des fonds convenables )H>ur ces services ;

«Qu'en l'an IHOTet D^Oit il n'a pas été donné uii sol irrégulièrement par ratlministraticni de l'armée, et que les dépenses ont été toujours en diiuinuant jusqu'à environ Iretitf pour cent:

« Qu'en Tan 1807 il a été fait une avance d'environ cent cinquante mille francs pour des dispositions qui m'ont été spécialement ordonnées^ et cela en vertu d'une autorisation du ministre, et que les comptes lui en ont été rendus à différentes époques; qu'il a été avancé une faible somme pour les travaux urgents de Cattat*o ;

« Enfin qu'en Tan 1808 il a été avancé l'argent nécessaire pour le transport des munitions à Gorfou, qui m'avait été ordonné^ ainsi que rétablissement d'une bonne défense maritime à Raguse et aux Bouches.

« Quant aux fonds italiens, voici à quelle occasion ils ont été employés.

c< Lors du commencement de la guerre avec la Prusse, j'ai reçu l'ordre de faire travailler jour et nuit, de fortifier Raguse de manière à la mettre à l'abri d^attaque. Malgré cela, il ne fut fait pour cette place que soixante-dix et quelques mille francs, lorsqu'il en fallait le triple pour établir une défense provisoire. Cependant les circonstances étaient pressantes; la situation de l'Autriche était équivoque; la guerre pouvait éclater avec cette puissance; et, forcé de rester en Dalmatie, je pouvais me trouver dans l'impossibilité d'aller promptcment au secours de Raguse, qui pouvait être attaquée par les Russes ot par l'expédition de M. de Bellegarde. — D fallait <Ionc donner à Raguse tous les moyens qui dépen-

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