‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 82 sur 247 · LIVRE XI. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — CORRESPONDANCE

daient de moi pour résister le plus longtemps possible. Mes demandes d'argent étaient infructueuses a Milan. Devais-je donc, seul, isolé, hésiter à donner des secours pour ces travaux lorsquMl s'agissait de la conservation d'une place à laquelle Votre Majesté attache de l'importance; lorsqu'il s'agissait de plus encore, de l'honneur des troupes françaises?

« Les mémos motifs qui m'ont fait donner de l'argent pour les travaux du génie à Raguse m'en ont fait donner pour les travaux en Dalmatie. Je ne sais par quelle raison on lui a si longtemps refusé tout secours. Depuis l'entré^^ des Français jusqu'au mois de juin 1S07, c'ost-à-dire pendant quinze mois, quelque chose que j'aie écrit, il n'a pas été accordé un sol pour ces travaux dans cette province.

« Je supplie Votre Majesté de considérer ce que je devais faire lorsque les événements pouvaient me réduire à défendre Zara. Fallail-il laisser cette place désarmée? Fallait-il, par une coupable insouciance, trahir mes devoirs envei's Votre Majesté, envers l'armée, et être moi-môme l'artisan de son déshonneur? Si les trésors italiens ou français n'eussent pu y parvenir, je n'aurais pas hésité à engager tout ce que je possède pour satisfaire au besoin des circonstances et du moment, sur de la justice et des bontés de Votre Majesté envers ceux qui la servent avec dévouement.

c< Siro, I amour de mes devoirs est la passion qui m'anime dans tous les instants de ma vie; et votre satisfaction de ma conduite est la plus douce récompense que je conçoive et que j'ambitjonne. Mon malheur serait à son comble si mes eflbrts constants n'aboutissaient plus à ce but. Puisque tdie est votre volonté, Sire, à l'avenir, quels que soient les événements, je m'abstiendrai de faire aucune disposition de fonds qui contrarie celles du trésor public; et, si Votre Majesté trouve convenable de me donner des ordres dont l'exécution exige des dépenses, je la supplie d'ordonner en même temps que les moyens soient mis à ma disposition, soit par des fonds généraux , soit par des fonds spéciaux. »

LE MIMSTIŒ de: U GUERRE A MARMONT.

« Paris, le 26 scptemlire 1808.

« Général, j'ai mis sous les yeux de Sa Majesté les détails qui m'ont été adressés par Votre Excellence relativement à l'emploi des fonds qui avaient été tirés de la caisse du payeur des troupes italiennes pour acquitter les dépenses du génie et de rartillerie de l'armée que vous commandez.

(( Sa Majesté a reconnu que les travaux relatifr au service du génie résultaient des ordres qu'elles enectivcnient donm'^s à Votre Excellence, et qu'î

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