‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 93 sur 247 · LIVRE XI. - CORRESPONDA.XCE. SOS · texte numérisé non relu

LIVRE XI. - CORRESPONDA.XCE. SOS

OU marché tous les jours, pendant douze ou quatorze heures; enfin nous arrivons prêts à entrer en^ ligne et nous sommes au comble de nos vœux.

« J'aurai l'honneur d'adresser, sous deux jours, à Votre Altesse Impériale un complet détail de mes opérations. )>

MARMOT A NAPOLl'ON.

« Fiume, le 29 mai 1H09.

« Sire, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté de l'entrée en campagne de votre armée de Dalmatie, de la défaite de l'armée ennemie au mont Kitta, de la prise du général Stoisevich, commandant en chef, et du combat de Grachnz.

«Je dois 'maintenant à Votre Majesté le rapport des opérations qui ont suivi.

« L'artillerie et les vivres que j'attendais de Dalmatie m'ayant joint le 19, je me mis en marche le 20 pour Gospich. Le 21, dé bonne heure, j'amvai à la vue de Gospich. L'ennemi y était renforcé des colonnes d'Obrovalz et d'Évernich, qui étaient fortes de trois à quatre mille hommes, et qui ne s'étaient pas encore battues II avait reçu de plus deux régiments du Banat, et avait fait réunir toute la population en armes. Ses forces étaient doubles des nôtres.

« La position de l'ennemi était belle. Gospich est situé à la réunion de quatre rivières^ de manière que, de quelque côté que l'on se présente^ il est nécessaire d'en passer deux. Ces rivières sont trèsencaissées; on ne peut les passer que vis-à-vis les (.haussées, et, dans cette saison, une seule d'elles est guéable. Je me décidai à ne pas attaquer de front Gospich, mais à tourner sa position, de manière à menacer la retraite de l'ennemi. — Pour atteindre ce but, il fallait passer une des rivières à la portée du canon des batteries ennemies, établies de l'autre côté de la Licca, ou traverser des montagnes de pierres extrêmement âpres et difficiles^ où les Croates auraient pu résister avec avantage. L'ennemi occupant la rive opposée de cette rivière, il fallait l'en chasser, afin de pouvoir rétablir le pont qu'il avait coupé. Deux compagnies de voltigcui^s du S' régiment, commandées parle capitaine Bourillon, ayant passé ce gué, remplirent cet objet, attendu que l'ennemi, comptant sur sa position, était peu en force. Elles occupèrent deux pitons qui touchaient la rivière.

« A peine ce mouvement fut-il exécuté, que l'ennemi déboucha par le pont de Bilai et marcha sur la division Montrichard, qui suivait la division Clusel. Je donnai l'ordre immédiatement au général Clausel de faire passer au général Délions, avec le 8* régiment d'infanterie légère, la petite ri-

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