‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 102 sur 198 · LIVRE XVII. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. - CORRESPONDANCE

partie de l'armée russe est entrée en Bohême pour se réunir aux Autrichiens et traverser en ce moment ce royaume. Le duc de Tarente me donne des nouvelles qui cadrent parfaitement avec celles que j'ai reçues des habitants. D'un autre côté, il parait que le prince de la Moskowa croit avoir peu de monde devant lui, ce qui est d'accord, et Votre Majesté trouvera sans doute que le mouvement des alliés est assez dans le génie du système qu'ils ont adopté depuis cette guerre, et qu'ils ont exécuté la veille de la bataille de Lutzen, en marchant sur Pégau lorsqu'une partie de l'armée marchait sur Leipzig.

« Enfin, Sire, je crains que, par la division que vous adoptez, le jour où vous aurez cru avoir gagné une bataille décisive, vous n'appreniez que vous en avez perdu deux.

« Les travaux de Buntzlau peuvent être considérés romme finis. D'après les divers ordres de Votre Majesté, j'y fais mettre la dernière main. C'est un poste que j'aimerais mieux défendre que beaucoup de j (laces qui passent pour des forteresses, et qu'un homme de cœur et de jugement doit défendre au moins dix jours; et, si, comme tout l'annonce, Votre Majesté veut en faire usage, il est urgent d'y envoyer dix-huit ou vingt bouches à feu; il n'en est pas encore arrivé une seule. Toutefois je fais tout

9io MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

préparer pour détruire eu douze heures les fortifications de Buntzlau.

« Depuis hier, tous mes malades sont évacués, et j'ai même fait évacuer des malades du cinquième corps qui m'avaient été laissés ici, je ne sais par quelle circonstance. J'ai de plus des transports préparés pour les malades que je pourrais avoir d'ici à quatre ou cinq jours. Ainsi Votre Majesté peut considérer le sixième corps comme parfaitement mobile.

« J'ai passé toute la matinée à reconnaître de nouveau tout le pays pour remplir les intentions de Votre Majesté; mais je n'ai encore rien trouvé qui me satisfit. Je monte à cheval pour continuer mes recherches; si elles me donnent les résultats que je désire, Votre Majesté en sera informée cette nuit.

« Je n'ai plus rien à ajouter, Sire, que d'affirmer à Votre Majesté que le sixième corps est animé du meilleur esprit, et que j'ai l'espoir qu'elle en sera aussi contente quand elle le verra que lorsqu'il combattra pour elle. Quels que soient ses sentiments, ils sont peu de chose en comparaison du dévouement pour votre personne, de l'amour pour votre gloire, et du zèle pour votre service, qui animent le plus ancien de vos serviteurs.

« Le maréchal duc de Raguse. »

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