‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 111 sur 198 · LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE

il sera nécessaire que vous vous concertiez avec le maréchal Gouvion Saint-Cyr et avec le duc de Bel lune, auxquels fai prescrit les dispositions suivantes :

« Au maréchal Saint-Cyr : de placer son quartier général à Pirna et de prendre position, la gauche à l'Elbe, couvrant les deux routes de Peterswald et de Dohna et observant le défilé d'Àltenbourg;

« Au duc de Bellune : de placer successivement son quartier général dans la direction de Freyberg, en échelonnant son corps de manière à pouvoir se porter sur Dresde ou sur des colonnes ennemies qui déboucheraient par Marienberg, Sayda, ou tout autre point de cette ligne. Faites-moi connaître quand vous occuperez la position définitive qui vous est assignée.

« Le prince vice-connétable, major général,

le maréchal marmont a napoléon.

«2 septembre 48i3.

« Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire. Je n'exécute pas l'ordre qu'elle contient, parce que les circonstances sont de nature à en rendre l'exécution impossible, et que, faute apparemment de m'être bien expliqué, Votre Majesté ignore le véritable état des choses.

« D'abord, hier soir, les ordres de Votre Majesté m?ont trouvé près de Falkenheim. La plus grande partie de mon artillerie et de mes munitions est déjà à Dippoldiswald, et toute la journée ne suffirait pas pour la faire revenir devant l'ennemi.

« Ensuite, comme j'avais eu l'ordre précédemment de prendre position à la droite du maréchal Saint-Cyr, pour défendre les débouchés de la Bohême, la première opération que j'ai faite dans cet objet, pour soutenir la position que j'avais prise à Altenbourg, a été de faire des abatis sur toutes les communications directes, pendant l'espace de plusieurs centaines de toises. Toute la journée ne suffirait pas pour les détruire, et cependant la chose est indispensable pour pouvoir déboucher.

« Quant à l'ennemi, Sire, il n'a pas immédiatement l'attitude offensive, et il n'y a pas eu

de la grande chaîne une quantité assez considérable de troupes pour espérer quelques résultats en cherchant à les combattre.

« Je vais récapituler rapidement ce qui s'est passé depuis cinq jours, afin que Votre Majesté puisse juger elle même la situation de l'ennemi.

(( Je l'ai poussé dans sa retraite de toutes mes forces et je l'ai combattu près de Dippoldiswald, à Falkenheim et à Altenbourg. Il a été culbuté partout et nous lui avons pris ou forcé à détruire en-

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