LIVRE XVII. - CORRESPONDANCE
viron quatre cents voitures, la plus grande partie d'artillerie. Le jour du combat de Zinnwald, j'ai porté une avant-garde à une lieue en avant, c'està-dire à deux lieues de Tœplitz. De Zinnwald on voit Tœplitz et le plus épouvantable défilé que j'aie jamais vu. Le soir de ce combat j'ai appris l'événement arrivé au général Vandamme, et. cet événement changeant tout à fait ma position, j'ai dû m'arrèter, et j'ai passé le jour suivant sur le plateau de Zinnwald, ayant toujours mon avant-garde dans la même position. Cette avant-garde fut attaquée avant-hier par l'ennemi: elle le battit, lui tua beaucoup de monde et conserva sa position. L'ennemi revenant à son entreprise, il était facile de voir, à l'immense quantité de feux qui se voyaient dans la plaine de Tœplitz, qu'il y avait une grande armée au débouché. Par d'autres rapports je suis aussi informé que des retranchements et une nombreuse artillerie ferment ce passage.
« Ayant eu l'ordre de m'appuyer sur le maréchal Saint-Cyr, je me suis replié hier de Zinnwald sur Altenbourg où j'ai pris position.
« Tonte la journée d'hier a été employée à faire des abatis et à établir un bon système défensif. Ayant reçu l'ordre de mouvement sur Dippoldiswald, je me suis mis en mesure de l'exécuter, et mon artillerie est partie hier au soir. Sa marche a
été pressée ce matin par la lettre que Votre Majesté nfa écrite hier à cinq heures du soir, par laquelle elle m'ordonne de me mettre en mesure de passer le pont de Dresde le 5, de manière que mon corps d'armée se trouve de Falkenheim à Dippoldiswald, cinq heures après le départ des dernières troupes de Zinnwald.
a L'ennemi a présenté d'abord quelque monde, ensuite environ quatre mille hommes, sans canons ni cavalerie. Ces troupes, je les ai vues, elles étaient près de moi, parce qu'un défdé, des bois et des marais nous séparaient; mes postes ne pouvant pas être placés plus avant, parce qu'ils auraient été bientôt enlevés. Des paysans m'ont rendu compte (mais je ne les ai pas vus) que six mille hommes, Russes et Prussiens et du canon, étaient arrivés sur les hauteurs de Furstenau. Enfin les seuls indices que j'aie sur les changements de projets de l'ennemi sont que l'armée, qui était en pleine retraite sur ïhiresmstadt, est revenue sur Tœplitz et s'est placée au pied de la montagne, et enfin que les paysans qui arrivent de Tœplitz, où ils avaient accompagné les Russes, pour leur servir de guides, disent que l'ennemi veut retourner devant Dresde. Et je conclus de tout cela, Sire, que, si le projet existe, le moment de l'exécution n'est pas encore arrivé.