‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 130 sur 198 · Livre xviii - îsi · texte numérisé non relu

Livre xviii - îsi

Leipzig. Il m'annonçait la présence de l'ennemi, et ]a crainte d'être obligé d'évacuer cette ville. Je continuai mon mouvement sans perdre un moment, et j'arrivai, le soir même du 28, à Leipzig avec la tête de mes forces. Je mis le reste à portée, je nettoyai les environs des ennemis qui s'y trouvaient. Je restai dans cette position jusqu'au 5.

Le 2 octobre, Blûcber se décida à prendre l'offensive. Il se porta, avec les corps de Bulovv et de Tauentzien, au corffluent de l'Elster et de l'Elbe, jeta, dans la nuit, deux ponts et opéra son passage. Le général Bertrand, chargé de s'y opposer, occupant une position avantageuse, résista pendant la plus grande partie de la journée; mais, vers les cinq heures, il fut forcé, et opéra sa retraite dans la direction de Dessau. Pendant ce temps, les Suédois avaient débouché par le pont de Boslau, et s'étaient avancés sur Dessau. Le maréchal Ney, avec le septième corps, et rejoint par le quatrième, se replia, remonta la rive gauche de la Moldau, et occupa Bittersfeld et Dûclitsch. Informé de ces événements dans la nuit du 5 au 4, je me rendis, en toute hâte, avec mon corps, à Diïben, afin d'offrir un point d'appui au général Bertrand, et de favoriser sa retraite. Je recueillis effectivement les troupes wurtembergeoises qui faisaient partie de son corps et qui s'y étaient retirées, le reste de ce

corps ayant rejoint le septième. L'ennemi se présenta bientôt en force devant moi. Le poste de Dùben n'étant pas tenable, je repassai la rivière, et pris position en face. Une berge élevée, à une demi-portée de canon de la ville, me donnait tons les moyens de défendre avec succès ce défdé. L'ennemi fit plusieurs tentatives pour déboucher; mais il fut constamment repoussé.

Je plaçai de la cavalerie en observation sur la rive gauche de la rivière, pour me lier avec les troupes du maréchal Ney.

Dans cette position nous pouvions attendre ce que ferait l'ennemi; mais tout à coup, celui-ci ayant présenté des forces considérables en face de Bittersfeld sur la rive droite, le maréchal Ney s'effraya de sa position, et, quoique l'ennemi n'eut rassemblé aucun moyen de passage, et montré aucune disposition de le tenter, le maréchal Ney me fit prévenir qu'il se retirait sur Kamens. Ce mouvement laissait ma gauche tout à fait à découvert et compromettait beaucoup ma position. Me retirer cependant, en plein jour, étant aussi rapproché de l'ennemi, était fort délicat. Je masquai mes préparatifs et mon mouvement aussi bien que possible, et je l'effectuai sans accident, avec précision et vitesse. J'allai prendre la belle position de ïïohen Priegnitz, en liant ma gauche avec le prince de la Moskowa,

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