‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 146 sur 198 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

prince Pôniatowski qui y périt. Quelques hommes aussi se retirèrent par un petit pont que l'on avait trouvé le moyen d'établir. La division Durutte, du septième corps, mise sous mes ordres, prit également position dans la prairie dans le même but. Ces troupes y restèrent tant que leur présence fut utile. Plus tard elles se retirèrent, et furent couvertes par l'arrière-garde, composée de deux divisions de jeunes gardes, que commandait le maréchal duc de Reggio. Elles se trouvèrent réunies à Lindenau.

J'avais alors sous mes ordres les troisième, cinquième, sixième et septième corps, ou plutôt leurs misérables débris. J'allai prendre position à Markranstadt. C'est là que je retrouvai l'Empereur. 11 était fort abattu, et il avait raison de l'être. V peine deux mois s'étaient écoulés, et une immense armée, une armée de plus de quatre cent cinquante mille hommes, s'était fondue entre ses mains. C'était la seconde fois depuis un an qu'il présentait au monde ce spectacle de destruction, dont les temps modernes n'ont pas offert d'autre exemple. Il lui restait environ soixante mille hommes, composés en partie de la garde, en partie des corps de cavalerie qui avaient passé le défilé de Lindenau pendant la nuit, et dans la journée du 18, et enfin du corps de Bertrand; seules forces régulières sur les-

:o-J MEMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

quelles il pût compter. Ce qui sortit, le 19, au moment où l'ennemi entrait à Leipzig, n'avait plus ni consistance ni organisation.

Le 20, nous nous portâmes sur Weissenfels. J'occupai, avec les divers corps sous mes ordres, dont la force ne s'élevait pas ensemble à six mille hommes, les hauteurs de la rive gauche de la Saale, couvrant le passage de l'armée contre les troupes ennemies qui auraient pu déboucher par Mersrbourg. Le lendemain, nous campâmes sur les hauteurs de Freybourg et d'Eckartsberg. Un corps ennemi, venant de Iéna, se montra sur notre flanc vers Kosen, et voulut gêner notre marche. Je foimai mes troupes au débouché ; je contins l'ennemi, et couvris ainsi les mouvements de l'armée. Le 22, nous prîmes position à Butelstadt; le 25 et le 21. sur les hauteurs d'Erfurth ; le 25, à Arsbach ; le 20, à Wartas; le 27, à Buttler; le 28, en avant de Fulde; le 29, à Saalmûnster. L'ennemi nous suivait sur différentes colonnes, mais ne pressait pas notre marche. Il n'y eut qu'un seul engagement sérieux près de Golha. La jeune garde, d'abord aux or dresdu maréchal Oudinot, puis à ceux du maréchal Mortier, faisait l'extrême arrière-garde, et a va ni elle marchait à peu de distance le quatrième corps.

Des troupes aussi désorganisées que celles qrtle nous commandions, aussi harassées, aussi ex té-

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