LIVRE XVIII
mes faite dans le bois à l'appui de notre gauche, qui éprouvait une fort grande résistance, força l'ennemi à repasser la Kinzig. Tout ce qui était sur la route de Francfort se retira par IJanau, et sortit de cette ville pour se réunir à ce qui avait fait sa retraite par le pont deLamboi. Pendant la nuit, je fis jeter quelques centaines d'obus dans la ville. L'ennemi F évacua, et j'en fis prendre possession. Je bivaquai en face de lui. Je n'en étais séparé que par la Kinzig. Les Bavarois perdirent dans cette affaire environ six mille hommes. Notre perte fut moindre, vu le petit nombre de nos combattants et notre succès. L'ennemi tenta de passer la Kinzig le lendemain 51; mais il fut constamment repoussé par mes troupes. Aucune de ses tentatives ne lui réussit; et, quoiqu'il fit soutenir ses mouvements offensifs par une artillerie formidable et très-supérieure à la nôtre, ses troupes furent constamment rejetées ou contenues de l'autre côté de la rivière. Le quatrième corps, étant arrivé, me remplaça. Quand il fut en position, je continuai mon mouvement sur Francfort. Alors de Wrede prit l'offensive à la fois sur la rivière et sur la ville. Cette dernière attaque réussissant, il voulut déboucher sur la grande route; mais ce général, arrivé sur le pont, reçut une balle dans le bas-ventre. L'artillerie delà division Morand ayant en même temps mitraillé la colonne ennemie, elle
plia. Une brigade italienne chargea l'ennemi avec vigueur, le culbuta et reprit la ville. Le soir, le général Bertrand replia ses postes et se retira sur- Francfort. L'arrière-garde, commandée par le maréchal Mortier, évita de passer à Hanau, et se retira de Gelnhausen directement sur Hochstadt, où elle arriva sans être inquiétée.
Le 1er novembre, je me rendis à Hochstadt, sur la Nidda. Le pont sur cette rivière avait été coupé par l'ordre du maréchal Kellermann, commandant à Mayence. Ce général, sans garnison dans cette forteresse, n'avait à sa disposition que quelques dépôts. Craignant l'arrivée de l'armée de Wrede, il avait cherché, avec raison, à lui créer des obstacles pour retarder sa marche. Le 2- novembre, j'entrai à Mayence. Mes troupes s'y établirent, ainsi que dans les environs.
Notre retour sur le sol de l'Empire semblait mettre un terme à nos malheurs; mais ce ne devait être qu'une suspension momentanée à nos souffrances. Nous étions destinés à être, plus tard, accablés par bien d'autres infortunes et bien d'autres misères.
CORRESPONDANCE ET DOCUMENTS