LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT
« Harta, le 24 septembre 1813, cinq heures du matin.
« Mon cousin, j'ai reçu votre lettre du 25, à une heure après-midi. Les renseignements que vous me donnez sont légers et vagues. Vous ne me faites pas connaître de quelle nation étaient les troupes qui ont campé à deux lieues de vous, ni d'où elles venaient, ni ce qu'elles ont fait. Il paraît que le général Sacken s'était retiré sur Kamens; mais il est probable qu'il se sera porté ensuite sur Ba utzen, où le duc de Tarente doit entrer ce malin. Nous allons en avoir des nouvelles positives. — Vous aurez probablement fait raccommoder le pont de Meissen. Vous y aurez envoyé à cet effet des sapeurs. — Je suis étonné qu'hier, à une heure après midi, vous n'eussiez pas encore reçu ma lettre relative à la reconnaissance du général Delmas sur Kamens.
« Napoléon. »
napoléon au maréchal marmont.
« Dresde, le 25 septembre 1813.
(( Mon cousin, j'ai reçu votre lettre du 24. J'ai
ordonné qu'effectivement, sans défaire le pont ac-
tuel; on établit dos piles sur bateaux, qui nous donneront, sous quarante-huit heures, le passage du pont de pierre. Faites exécuter cet ordre. Cela fera deux ponts au lieu d'un, ce qui nous sera avantageux jusqu'à ce que nous ayons définitivement un véritable pont. Donnez des ordres pour qu'à Meissen on ne laisse plus descendre aucun bateau pour Torgau, puisque la rivière n'est pas libre.
a Napoléon. »
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
« Dresde, le 27' septembre 1813, dix heures
du matin.
Monsieur le duc de Raguse. 1 Empereur ordonne que vous portiez votre quartier général à Wurtzen, et que vous placiez vos trois divisions, ! une près de Eulenbourg, une autre à Wurtzen, et une autre entre Wurtzen et Meissen : par exemple à la petite ville d'Oschatz ou dans celle de Mûgeln.
o Quant au premier corps de cavalerie du général Latour-Maubourg, l'intention de l'Empereur est que vous le placiez à Dahlen et Schilda, si toutefois il y a du fourrage dans ces endroits.
c< Vous laisserez une brigade de grosse cavalerie et une brigade d'infanterie à Meissen, jusqu'à ce quelles y soient relevées.
« Je donne l'ordre à cinq cents hommes montés