‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 160 sur 198 · LIVRE XVIII. — CORRESPONDANCE. Ô · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. — CORRESPONDANCE. Ô

el la troisième cuire Strehla et Meissen, sur les points où ii y avait des bacs. Ces colonnes battront toute la rive et empêcheront tout passage: elles feront construire des blockhaus intermédiaires entre ceux qui existent déjà, de manière quau lieu qu'il y en ait toutes les deux lieues il y en ait de lieue en lieue; elles feront voir qu'elles ont de l'artillerie en la promenant le long de la rivière pour la montrer tantôt d'un côté, tantôt de 1 autre, et elles détruiront à coups de canon tous les bateaux de l'ennemi. — Vous formerez deux autres colonnes, chacune de trois à quatre cents hommes de cavalerie légère, cinq cents hommes d'infanterie et deux pièces d'artillerie, Vous les ferez commander par des officiers intelligents qui concerteront leurs mouvements avec le prince Poniatowski, le général Lefebvre-Desnouettes, le général Lorge et le duc de Fadoue, pour courir après les partisans ennemis et faire en sorte qu'il n'y en ait aucun entre Leipzig et l'Elbe.— Faites une instruction pour toutes ces colonnes; elles ne doivent jamais passer la nuit dans le lieu où elles auraient vu coucher le soleil. Toutes ces colonnes doivent être très-actives, correspondre entre elles et purger entièrement le pays des partis ennemis. — Le prince Poniatowski est à Waldheim; sa cavalerie légère est à Colditz; elle se liera donc avec la vôtre. Le gêné-

rai Lefebvre-Desnouettes est à Altenbourg, et le duc de Padoue a beaucoup de cavalerie à Leipzig. Mettez-vous en correspondance avec lui. Le prince de la Moskowa est à Pretsch et à Kemberg. — Dans cette position, vous serez à portée de vous joindre au prince de la Moskowa pour couvrir Leipzig et couper à l'ennemi le chemin de lElbe, ou bien de prendre l'offensive par Wittenberg pour faire tomber tous les ponts de l'ennemi, ou enfin revenir sur Dresde, sur Chemnitz ou sur Altenbourg, pour s'opposer aux mouvements que l'ennemi pourrait faire de la Bohême. Le duc de Bellune est à Frevberg. — Il va vous arriver d'Erfurth trois mille hommes d'infanterie pour votre corps. — Je donne ordre au général Margaron de renvoyer au premier corps de cavalerie les mille hommes de ce corps qu'il a à Leipzig.

« Napoléon. »

le major général au maréchal marmont.

« Dresde, le 28 septembre 1813.

(( Monsieur le maréchal duc de Raguse, je vous préviens que, d'après les intentions de l'Empereur, je donne l'ordre au général Lhéritier de réunir tout le cinquième corps de cavalerie à Meissen et de rester dans cette place. Ce général formera deux

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colonnes, chacune de quatre à cinq cents chevaux, avec deux pièces d'artillerie. L'une sera chargée de la garde de l'Elbe depuis Meissen jusqu'à Piiesa, et l'autre de Meissen à Dresde, et il se tiendra avec le reste de son corps à Meissen pour se porter partout où cela serait nécessaire. Par ce moyen, monsieur le duc, vous pourrez ne former que deux colonnes au lieu de trois pour garder la rive gauche de l'Elbe.

« L'Empereur ordonne, monsieur le maréchal, que vous laissiez une brigade d'infanterie, avec sa batterie, pour occuper Meissen jusqu'à ce qu'elle y soit remplacée par d'autres troupes; elle tiendra un bataillon dans la tête de pont. Le pont sera attaché aux piles du pont de pierre. Les canons du château et l'artillerie de la brigade seront mis en batterie sur la rive gauche pour protéger la tête de pont. S'il était à craindre que le pont fût rompu, il serait établi un bac pour la communication d'une rive à l'autre. Sa Majesté vous recommande, monsieur le duc, de laisser un bon général de brigade pour être chargé du commandement de la brigade que vous laisserez à Meissen jusqu'à ce qu'elle soit remplacée. Je vous prie de m'informer de l'exécution de ces dispositions.

« Pour le prince vice-connétable, major général, « Le général de division, chef d'état-major,

c< Comte Monthion. »

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NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT

« Dresde, le 28 septembre 181?.

« Mon cousin, je vous suppose aujourd'hui à Wurtzen. L'ennemi, qui avait établi un pont vis-àvis de l'Elster et qui avait une très-belle tête de pont, a reployé son pont, le général Bertrand l'ayant chassé de Wartenbourg. Ce général a démoli la tête de pont et s'est porté le 26 à l'appui du prince de la Moskowa, qui marchait sur Dessau. — Le général Lefebvre-Desnouettes était toujours à Altenbourg. Il aurait marché sur Zwickau, mais les mouvements de Dessau l'empêchaient de s'éloigner de Leipzig. — Le duc de Castiglione sera avec tout son corps après-demain à léna.

c< Napoléon. »

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT

« Schleesen, le 28 septembre 1815, cinq heures du matin.

« Mon cher maréchal, j'ai poussé l'ennemi le 26 et le 27 jusque près de Dessau ; il a brûlé ses ponts sur la Mulde et passé l'Elbe. Je ferai, ce matin, la même opération qu'à Wartenbourg, resserrant l'ennemi dans sa tête de pont par les deux rives de la Mulde et la gauche de l'Elbe ; mais il est probable qu'il ne laissera personne sur cette rive et qu'il repliera son pont. On a distingué hier un grand mou-

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