‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 165 sur 198 · LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE

possibilité de déboucher par Roslau que je pourrai m' occuper de forcer ces partisans à évacuer le pays entre la Saale et la Mulde. Le camp principal de l'ennemi est toujours à Roslau et le quartier général du prince de Suède à Zerbst.

« Maréchal prince de la Moskowa. »

NAl'OLÉOS Al MAIŒCHAL MARMONT.

« Dresde, le 5 octobre 1815.

« Mon cousin , tous les bruits que l'on fait courir sont controuvés. 11 n'y a pas de corps d'armée ennemi sur Géra; il n'y en a pas sur Altenbourg; il n'y a de ce côté que le corps de lhetman Platow et de Thiehnann. Il faut mettre une grande circonspection dans vos mouvements. Avant tout, il faut soutenir le prince de la Moskowa. Le roi de Naples, avec le deuxième, le cinquième et le huitième corps, qui sont entre Freyberg, Chemnitz et Altenbourg. se trouve, dans l'ordre naturel, opposé à tout ce qui arriverait de Bohème. D'ailleurs, un officier que vous m'enverriez en poste pourrait, en moins dé vingt heures, vous rapporter ma réponse. Je vous le répète : couvrir Leipzig, puisque vous y êtes, empêcher le passage de l'Elbe de Wittenberg à Torgau, secourir Torgau, appuyer le prince de la Moskowa, voilà le premier but que vous devez vous proposer;

le reste viendra après. J'attends aujourd'hui des nouvelles du prince Poniatowski et l'arrivée de mes troupes à Chemnitz, ce qui me mettra à même de prendre un parti.

napoléon au maréchal maïimont.

« Dresde, le 3 octobre 1815.

« Mon cousin, le prince Poniatowski est arrivé à Altenbourg le 2 octobre. — Voici ce qui s'est passé : — Dans les premiers jours de septembre, le colonel Mûnsdorf est arrivé à Altenbourg avec un détachement de mille à onze cents chevaux. — Thielmann est venu le rejoindre avec trois mille chevaux. D" Altenbourg, ces troupes poussèrent des partis sur Zeitz, Borna, Freybourg, Weissenfels, Mersebourg et Géra. Le général Lefebvre-Desnouettes les repoussa, les rejeta sur Altenbourg, et ensuite sur Zwickau. Mais, le28,l'hetman Platow déboucha sur Altenbourg avec ses Cosaques, trois mille hommes d'infanterie autrichienne et deux mille cavaliers autrichiens. Le général Lefebvre fut attaqué de front dans le temps que Thielmann le tournait sur Zeitz. Le 28 au soir, Platow était de retour à Altenbourg; le 29, Thielmann y était également revenu. Platow rentra avec sa troupe à Chemnitz, en partie le 29 et en partie

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le 50. — Tliielmann et le comte Mûnsdorf restèrent à Altenbourg; mais, le c2, au moment où ils faisaient leur mouvement de retraite surZwiekau, la cavalerie du prince Poniatowski les chargea, leur sabra cinq à six cents hommes, et fit trois cents prisonniers. En faisant ses adieux aux magistrats d'Altenbourg, Thielmann leur a dit qu'il jugeait que les Français venaient sur lui, que la ville serait occupée par eux, et qu'il s'en allait. 11 parait que l'infanterie autrichienne que Platow avait sous ses ordres était du corps de Klenau; que ce corps de Klenau n'est que de six mille hommes de cavalerie et au plus de quinze mille hommes d'infanterie; qu'il occupe Chemnitz, Marienberg et Augustenbourg. — Le prince Poniatowski occupe Frohbourg et Windischleybe. — J'attends à chaque instant des nouvelles de l'entrée du roi de Naples à Chemnitz. Vous voyez donc que le mouvement de vingt mille Autrichiens sur Altenbourg est controuvé. — Faites mettre dans les journaux de Leipzig que le général Thielmann a été battu par le prince Poniatowski, qui lui a fait six cents prisonniers et lui a tué et sabré beaucoup de monde.

« Napoléon. »

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT

« Potnitz. le 5 octobre I8i.~.

« Mon cher maréchal, je reçois votre lettre d'hier. a L'Empereur m'a écrit, le 1er, pour me faire connaître l'emplacement des corps d'armée. Sa Majesté pense que l'ennemi pourrait déboucher de la Bohème par Marienberg. J'attends des nouvelles du général Bertrand, qui est parti de Worlitz dans la nuit du 1er au 2 pour se rendre à Wartenbourg, afin de rejeter sur la rive droite des détachements prussiens du corps de Borstell, qui travaillent au rétablissement du pont vis-à-vis d'Elster. On a entendu hier le bruit du canon dans cette direction. Ma ligne est bien étendue, et je ne pourrais opposer qu'une faible résistance aux mouvements de l'ennemi" s'il débouchait par son pont de Boslau. Les ouvrages qui couvrent ce pont sont tellement forts et si bien armés, que je ne puis raisonnablement entreprendre de les forcer. Le général Dabrowski quitte Delitzsch pour s'établir à Dessau. Le général Fournier occupe Baguhn et envoie des reconnaissances sur Delitzsch et Diïben. Si je parviens à resserrer l'ennemi dans ses ouvrages de manière à ce qu'il ne puisse pas déboucher, alors je tacherai de chasser les partis qui se trouvent entre la Saale et la Mulde.

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