LIVRE Wlll — CORRESPONDANCE
quatre obusiers de vingt-quatre, ainsi que dix caissons de cartouches d'infanterie. On assure qu'il y a des dépôts considérables à Torgàû, et qu'il s'y trouve, entre autres, plus d'un million de cartouches en réserve; vous pourriez vous remplacer dans cette ville, avec laquelle vous communiquez.
a Maréchal prince de la Moskowa. »
LE MARÉCHAL NÉÏ AU MARÉCHAL MARMOXT.
" Delitzsch, le 5 octobre 1815, huit heures du soir.
« Mon cher maréchal, j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite aujourd'hui de Hohen-Priegnitz. Il ne s'agit pas, je crois, de serrer sur Eulenbourg pour conserver ce débouché, mais bien de nous rassembler le plus promptement possible sur Leipzig.
ce Les divisions Fournier et Défiance, que j'ai détachées aujourd'hui sur Landsberg, ont été forcées de rétrograder, et l'ennemi les a suivies jusqu'à une demi-lieue d'ici, en avant de Gros-Kûhna. L'ennemi s'est également présenté à Schenkenberg: il a fallu de l'infanterie et du canon pour l'éloigner. Enfin, le général Dabrowski, après s'être battu contre des forces supérieures, a évacué Bitterfeld; il est à Paupitzsch et se rapprochera en-
core cette nuit de Delitzsch. Ce général a vu plus de quatre mille hommes de cavalerie passer la Mulde entre Bitterfeld et Dùben.
« Je viens d'ordonner à la division Durutte, qui est à Lukenwhna, de rentrer en ligne demain matin à la hauteur de Mochenvitz. Je pense, mon cher maréchal, que vous devez venir prendre position à Lukenwhna, gardant Eulenbourg par un régiment d'infanterie et un détachement de cavalerie; cette troupe aurait, en cas d'événement, sa retraite assurée sur Leipzig, et pourrait même, au besoin, se diriger sur Wurtzen.
« Si vous jugez convenable de vous rassembler à Lukenwhna ou à Cremsitz, j'attendrai l'ennemi demain à Delitzsch ; nous nous trouverions parfaitement en mesure de livrer bataille à l'ennemi ou de nous retirer ensemble, s'il nous présentait des lorces supérieures. Je ne crois pas que l'ennemi ose engager un petit corps avec la Mulde à dos; ainsi nous pourrions attendre et gagner la journée de demain. Il faut espérer que l'Empereur nous donnera de ses nouvelles, et que Sa Majesté va prendre un grand parti.
« J'attends, mon cher maréchal, votre réponse à la proposition que je viens de vous faire pour prendre mes dispositions définitives.
c< Maréchal prince de la Moskow,. »