‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 171 sur 198 · LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE

puisse être exposé dans sa marche sur Eulenbourg, s'il a reçu l'ordre que vous lui avez donné de s'y rendre, puisque vous m'annoncez que l'ennemi a peu de monde aux environs de cette ville et que vous pensez qu'il opère sur votre gauche. Le duc de Padoue me mande que quelques régiments d'infanterie ennemie doivent être arrivés à Halle.

« Donnez des ordres, mon cher maréchal, pour faire arriver en toute hâte sur Leipzig tous les convois qui peuvent être entre cette ville et Erfurth; il faut rappeler tous les détachements et être serré en masse. 11 ne s'agit plus, comme vous le remarquez fort bien, que de gagner du temps; l'Empereur, qui est définitivement en mouvement, ne tardera sans doute pas à faire changer la face des affaires.

« Maréchal prince de la Moskowa. »

LE MARÉCHAL NEY AU MARÉCHAL MARMONT

« Rennewitz, le 7 octobre 1815, une heure de l'après-midi.

« Le général Dombrowski, auquel j'avais donné l'ordre de tenir hier jusqu'à quatre heures de l'après-midi le poste de Delit/scli, tandis que votre corps d'armée et celui du général Régnier faisaient leur mouvement, a été attaqué très-vivement par la cavalerie légère ennemie qu'il a toujours rev. 23

poussée; il est parti de sa position à une heure du matin, et son arrière-garde a été suivie jusqu'à Taucha.

« Le général Régnier m'a rendu compte que vos troupes avaient entièrement évacué Eulenbourg hier au soir; je lui ai ordonné d'y envoyer mille à douze cents hommes pour la garde du pont, qui devient un débouché important, en ce moment où l'arrivée des renforts que l'Empereur conduit en personne annonce que nous allons reprendre l'offensive.

« Les Cosaques qui étaient hier à Wurtzen y ont laissé une proclamation qui annonce aux Saxons que le général Blùcher marche sur Leipzig avec soixante mille hommes, et que l'armée française est détruite.

« Maréchal prince de la Moskowa. »

LE MARÉCHAL MARMONT A NAPOLÉON

« G octobre 1815, quatre heures.

« Sire, j'ai eu l'honneur de rendre hier au soir à Yotre Majesté un compte détaillé de ma position. En conséquence, je ne l'en entretiendrai pas encore une fois. Je prendrai la liberté seulement, au nom du bien du service, de lui dire qu'il est de la plus grande urgence qu'elle vienne ici; car, si elle

Page 1