LIVRE XVIII. — CORRESPONDANCE
ne vient pas, nous allons faire de la mauvaise besogne, je ne puis en douter aux dispositions que je vois prendre. Le premier ordre que je reçois, si je l'exécutais, compromettrait Tannée de la manière la plus éminente, car il n'a été le résultat d'aucune espèce de calcul, ni de temps, ni d'opération. Je n'entre pas dans de plus grands détails pour ne pas fatiguer Votre Majesté. Je me borne à lui réitérer l'assurance que rien ne serait plus fâcheux pour son service que de voir la direction des opérations, dans la position délicate où nous sommes, confiée aux mêmes mains. »
LE MARÉCHAL MARMOST A MPOLÉON.
« 8 octobre 1815. soir.
« Sire, je reçois la lettre de reproches que Votre Majesté a chargé le major général de m'écrire.Nous serions restés sur la Mulde sans difficulté, et nous y serions encore, sans les étranges combinaisons du prince de la Moskowa, lès craintes exagérées, plus étranges encore, qu'il a eues de l'ennemi.
« Je n'ai quitté Diïben que vingt quatre heures après que les troupes qui étaient à ma lia u leur s'étaient retirées. Je n'ai quitté Hohen-rPriegnitz que lorsque les troupes du prince de la Moskowa étaienl depuis longtemps en marche sur Wurtzen.
« Sentant la nécessité de couvrir Leipzig, j'ai demandé avec instance au prince de la Moskowa de s'y rendre, et je serais resté à Eulenbourg pour garder les passages de la Mulde et rallier le troisième corps, quoique ce mouvement fut naturel au prince de la Moskowa, puisqu'il était plus à portée que moi; il s'y est refusé formellement et a persisté à se porter sur Wurtzen, trouvant apparemment qu'il n'était en sûreté que là.
« J'ai du me porter sur Leipzig, parce que c'était le rôle qu'il m'avait assigné. Le prince de la Moskowa s'est chargé formellement de faire immédiatement un détour convenable pour rallier le général Souham à Wurtzen dans le cas où il aurait reçu l'ordre que je lui avais expédié, chose dont il était possible de douter.
«Enfin je n'aipoint détruit'lepont d'Eulenbourg, comme on l'a dit à Votre Majesté; mais je l'ai fait couper de manière à exiger cinq à six heures de réparation en faisant le calcul que, si le général Souham avait reçu l'ordre de mouvement, il serait garanti par là, pendant la matinée, de l'action des troupes qui m'avaient suivi et dont le nombre pouvait être fort augmenté pendant la nuit, et qu'ainsi il aurait sa retraite libre sur Wurtzen.
« Telles sont, Sire, les justifications que mon honneur exige que je présente à Votre Majesté,