‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 184 sur 198 · LIVRE XVI II. - CORRESPONDANCE. 7>a · texte numérisé non relu

LIVRE XVI II. - CORRESPONDANCE. 7>a

« Le 37e léger et le 4e régiment de marine furent successivement portés sur ce village; ils le reprirent et le défendirent avec tout le courage qu'on pouvait attendre d7aussi bonnes troupes.

« Le combat se soutenait avec le même acharnement depuis trois heures, et l'ennemi avait fait des pertes énormes par l'avantage que nous donnait la position de notre artillerie pour écraser ses masses. Mais de nouvelles forces se présentaient sans cesse et renouvelaient les attaques. Une explosion de quatre caissons de douze, qui eut lieu à la fois, éteignit pour un instant le feu d'une de nos principales batteries, et, en ce moment, l'ennemi faisait une charge décisive.

« J'engageai alors les troupes de la première division, qui formaient les échelons du centre, pour soutenir les troupes engagées et combattre l'ennemi, qui faisait un mouvement par son centre.

a Le combat prit un nouveau caractère, et nos masses d'infanterie se trouvèrent en un moment à moins de trente pas de l'ennemi. Jamais action ne fut plus vive. En peu d'instants, blessé moimême et mes habits criblés, tout ce qui m'environnait périt ou fut frappé.

« Les 20e et 25e régiments provisoire, commandés par les colonels Maury et Drouhot, se couvrirent de gloire dans cette circonstance. Ils marchèrent à

l'ennemi et le forcèrent à plier; mais, accablés par le nombre, ces régiments furent obligés de s'arrêter, en parvenant toutefois à se soutenir dans leur position. Le 52e léger fit aussi des prodiges. Les troupes delà troisième division, qui formaient les derniers échelons, prirent part au combat, autant pour soutenir les troupes qui étaient engagées que pour résistera quelques troupes que l'ennemi faisait inarcher par sa gauche.

« Les choses étaient dans cette situation, et le troisième corps, dont l'arrivée eût été si décisive, ne paraissait pas, lorsque l'ennemi précipita six mille chevaux sur toutes nos masses, qui étaient déjà aux prises à une si petite distance avec l'infanterie ennemie.

« Notre infanterie montra en général beaucoup de sang-froid et de courage. Mais plusieurs bataillons des 1er et 5e régiments de marine, qui occupaient une position importante, plièrent, ce qui força nos masses à se rapprocher pour se mieux soutenir. L'ennemi fit de nouveaux efforts qui furent repoussés avec un nouveau courage, et l'infanterie combattit à la fois contre l'infanterie et la cavalerie ennemie, et repoussa toujours de nouvelles attaques jusqu'à la nuit.

« Alors je réunis mes troupes, et je pris position à Eutritz et à Gôhlis.

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