LIVRE XVI. — CORRESPONDANCE
parlez pas du major ou colonel qui commande le *2h° provisoire. — J'écris au ministre de la guerre pour faire rejoindre les deux compagnies du 86°, qui sont dans la Mayenne. — Donnez des ordres pour que le bataillon espagnol ne soit point envoyé en détachement, et qu'on l'ait toujours sous la main, à l'abri de la séduction. Il ne faut point l'employer au service d'avant-garde ou d'escorte, mais le tenir toujours ensemble et au milieu des bataillons français. — Sur les officiers revenus d'Espagne, on va vous envoyer les officiers dont vous avez besoin. — Envoyez la récapitulation de ce qui vous manque en colonels, majors, majors en second, chefs de bataillon, capitaines, etc.
« Napoléon. »
napoléon au maréchal marmont.
« Mayence, le 19 avril 1815.
« Mon cousin, je vous envoie copie de la lettre que j'écris au duc d'Istrie. Prenez les ordres du duc d'Istrie, s'il y est; prenez sur vous s'il n'y est pas. La marche de l'ennemi me parait fort imprudente; on peut l'en faire repentir; mais surtout ôtez-nous toute inquiétude sur notre flanc gauche.
« Napoléon. »
NAPOLÉON AU DUC D ISTttlE.
« Mayenne, le 19 avril 1815.
« Le major général a dû vous expédier un officier pour vous faire connaître qu'un corps de partisans de trois à quatre escadrons, de six pièces de canon et de deux à trois bataillons, s'était porté sur Mulhausen et Yanfried; que le général westphalien Hammersten avait peur d'être sérieusement attaqué et craignait d'être obligé de se porter sur Witzenhausen, ce qui donnait de fortes inquiétudes au roi à Gassel. — J'espère que l'arrivée du général Souham dans la journée du 17 à Gotha, et celle du général Bonnet qui, ce me semble, a dû être, le 1 7 au soir, à Eisenaclr, auront ralenti la marche de l'ennemi. J'espère que vous-même, arrivé à Eisenach, vous vous serez porté sur les derrières de l'ennemi pour dégager le général westphalien et tranquilliser Cassel de ce côté. Cela est d'autan l plus important que ces partis sur le flanc gauche inquiéteraient nos communications avec Erfurth. — Ainsi donc, aussitôt que vous serez arrivé à Eisenach, mettez plusieurs corps d'infanterie et de cavalerie sur les derrières de l'ennemi, et dégagez le général Hammersten. — Écrivez au roi à Cassel pour lui faire connaître votre mouvement et le ras-
surer. — Le prince de la Moskowa étant déjà sur Erfurth, les mouvements que vous pouvez faire sur les derrières de l'ennemi seront d'un heureux effet et pourront donner lieu à quelques coups de sabre et à la prise de quelques bataillons ennemis. — Le général Lefèvre Desnouettes me parait très-propre pour cette expédition, mais appuyez-le par de l'infanterie. Enfin faites faire tout ce qu'il faut: cela est très-important, car ce serait un très-grand malheur.si le roi était obligé d'évacuer Cassel.
« Napoléon. »
le maréchal marmont au major général.
« Philippsthal, le 19 avril 1815, quatre heure? du matin.
«Monseigneur, je reçois la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire le 1 7, ainsi que celles de Sa Majesté. J'ai reçu hier au soir une lettre du prince de la Moskowa, d'Erfurth, du 17 au soir. Elle confirme les nouvelles qu'il m'avait données précédemment, que l'ennemi n'a pas de forces à portée. Les coureurs qui s'étaient montrés se sont retirés.
« J'ai deux divisions à Eisenach, et j'occupe Gotha. Le prince de la Moskowa comptait mettre aussi une division à Gotha; je lui ai fait avec instance la
demande de me laisser cette ville, qui m'est indispensable pour subsister. Ma troisième division arrivera demain à Eisenach ; je serai moi-même dans cette ville dans trois heures.
« Je vais faire reconnaître aujourd'hui les officiers que Sa Majesté a nommés, et je vais faire ré* dîger de suite le tableau des emplois vacants et les mémoires de proposition. Je n'ai pu faire faire ce travail hier, parce que les troupes étaient eu marche.
« D'après la récapitulation que j'ai faite des emplois vacants et des sujets propres à les remplir, c'est-à-dire des mémoires de proposition que je vais adresser de nouveau à Votre Altesse, il faut soixante capitaines, un officier payeur, deux adjudants-majors , soixante-sept lieutenants , qui ne peuvent pas être fournis par les corps, faute de sujets. Ainsi c'est ce nombre de sujets qu'il est nécessaire d'envoyer à mon corps d'armée pour remplir les emplois vacants; et je suppose que tous les sous-lieutenants nommés pour les régiments de marine ont rejoint.
«Le 25e provisoire n'a ni colonel ni major; mais le duc de Valmy m'a annoncé qu'il en avait à Mayence, et je l'ai instamment prié de leur donner Tordre de me rejoindre. Ayant reçu des officiers supérieurs revenant du troisième corps depuis que