LIVRE XVI. — CORRESPONDANCE
de poursuivre les détachements qui auraient pu s'avancer du côté de cette place, me fait le rapport que le commandant de Bichhausen l'a informé qu'un assez grand nombre de soldats d'infanterie vvestphalienne se trouvaient journellement dans les environs, porteurs de permissions signées des généraux. Il a paru extraordinaire à ce commandant que l'on permit aussi facilement à des soldats de venir dans un pays exposé aux incursions de l'ennemi, et la chose me parait digne de remarque. »
LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL
« 25 avril 1813.
« À l'instant où j'ai reçu l'ordre de partir de lïanau pour faire mon mouvement sur Eisenach, n'ayant d'autre cavalerie que celle qui se rassemblait à Hanau, et ignorant le mouvement de la garde, je fis choix de deux détachements formant quatre escadrons complets; le premier de ces détachements, composé des 5e, 8e et 9e de hussards; l'autre, des 7e, 11e, 12e et 16e de chasseurs, ce détachement m'ayant paru susceptible de faire quelque service en l'employant avec ménagement et précaution. Il parait que l'Empereur a désapprouvé cette mesure et avait ordonné que ces détachements restassent à lïanau, et j'ai reçu du général
Millaud la nouvelle qu'il avait donné aux détachements l'ordre de rétrograder, d'après ceux de Sa Majesté. J'ai donc eu lieu d'être étonné de leur arrivée avant-hier ; c'est hier seulement que l'ordre de rétrograder leur est parvenu. Comme il y a sept marches d'ici à Hanau, que ce serait une fatigue à pure perte pour les chevaux et un temps perdu pour l'instruction des hommes, j'ai pensé qu'il n'était plus convenable de les faire rétrograder et j'ai fait choix pour eux de bons cantonnements, où on les mettra promptement en état de bien servir. Le chef d'escadron Reisey, qui commande le détachement de hussards, pense qu'en quinze jours il le mettra en état de faire son service devant l'ennemi. « J'avais donné l'ordre au général Dommanges de venir prendre le commandement de ces deux détachements, par suite de l'ordre de Sa Majesté, dont il a eu connaissance avant son départ de Hanau; il est resté. Si, comme je le suppose, Sa Majesté approuve les dispositions que j'ai prises de ne pas faire rétrograder ces corps depuis ici, il serait utile que le général Dommanges, ou tout autre général de brigade ou colonel, reçût l'ordre de venir afin qu'il y eût un chef pour les surveiller et les commander. »