LIVRE DIX- SEPTIÈME
Sommaire. — Hésitations du roi de Saxe. — Passage de l'Elbe à Priesnitz. — Reddition de Torgau. — Combat de Bichofswerda (12 mai). — Combats de Grossenheim, de Kœnigswerth et de Weissig. — Positions de l'année devant Bautzen. — Bataille de Bautzen (20 mai). — Bataille de Wurlzen (21 mai). — Retraite de l'ennemi sur Weissenberg. — Combat de Beichenbach. — Mort du général Bruyère. — Mort de Duroc; son portrait. — Passage de la Neisse par le septième corps. — Surprise et déroute de la division Maison à Haynau. — Combat de Jauer. — Armistice de Pleiswig. — Ligne de démarcation des deux armées. — Retour de l'Empereur à Dresde (10 juin). — Etablissement du sixième corps à Buntzlau.
— Situation de l'aimée i'rançaise pendant l'armistice. — Haine des Prussiens pour les Français. — Rôle de l'Autriche. — Travaux de défense à Buntzlau. — Arrivée de M. de Metternicb à Dresde. — Paroles de l'Empereur. — Ouverture du congrès de Prague. — Dénonciation de l'armistice (10 août). — Manière de voir de l'Empereur. — Ses conseillers. — Composition et force de l'armée française. — Travaux de défense autour de Dresde. — Plan de campagne de Napoléon. — Composition et force de& armées ennemies. — Formation de l'armée française. — Arrivée de Napoléon à Gorlitz (18 août). — Commencement des hostilités. — Opérations du sixième corps. — Mouvements des armées autour de Dresde. — La grande armée alliée attaque Dresde (26 août). — Bataille de Dresde. — Mort du général Moreau. — Betraite de l'ennemi. — Poursuite de l'armée ennemie. — Comb.its de Possendorf, de Bippoldiswald et de Falkenheim.
— Combat de Zinnwald. — Catastrophe du général Vandamme.
Al la fin de mars, à l'approche de l'armée russe, le roi de Saxe, pour ne pas tomber en son pouvoir, avait abandonné sa capitale. Il s'était rendu d'abord à Plauen et de là à Ratisbonne, accompagné d'un corps de quinze cents chevaux.
96 MÉMOIRES DU DUC DE liAGUSE.
Nos revers à la fin de la dernière campagne, la destruction de nos forces, la défection de la Prusse et les passions qui se développaient dans une grande partie de l'Allemagne, avaient frappé de terreur les princes de la Confédération. L'Autriche avait, dès ce moment, entrevu l'espoir de retrouver son ancienne prépondérance, soit par des négociations, soit en rentrant plus tard dans la lice. Elle s'occupait, dès lors, à réunir autour d'elle en faisceau tout ce qu'elle pouvait détacher de notre alliance, afin de donner plus de poids à ses paroles.
Le roi de Saxe, un des premiers à qui elle s'était adressée, comprit bientôt que les intérêts bien entendus de l'Allemagne étaient dans un système modérateur, assurant à l'avenir le repos de l'Europe, et dont l'Autriche serait le centre. 11 signa d'abord une convention par laquelle le corps polonais acculé à Cracovie, à la frontière autrichienne, aurait la faculté d'entrer en Galicie, en déposant ses armes. Ces armes devaient être transportées sur des chariots et devaient lui être rendues à son arrivée en Saxe. Cette disposition concernait également quelques troupes françaises et un corps de cavalerie saxonne qui se trouvait avec elles. À l'ombre de cette première convention, on commença à négocier un traité de neutralité qui devait séparer la