‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 49 sur 198 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

Saxe de l'alliance française et l'unir à la politique autrichienne.

D'un autre côté, l'Autriche avait pris une attitude pacifique en faisant faire un armistice pour le corps auxiliaire que commandait le feld-maréchal, prince de Schwarzenberg. Enfin, le 26 avril, elle avait déclaré à l'ambassadeur de France à Vienne que les stipulations du traité du 4 mars 1812 n'étaient plus applicables aux circonstances présentes.

C'était annoncer l'intention de suivre une politique indépendante. Après tous ces divers actes, le roi de Saxe quitta Ratisbonne et se rendit à Prague. Cette démarche donna l'éveil à Napoléon sur ses intentions. Il soupçonna que les négociations relatives au désarmement du corps polonais pourraient avoir été plus loin, et se crut menacé de voir la Saxe se séparer de ses intérêts. Dès son arrivée à Mayence, il avait envoyé auprès de lui à Ratisbonne le général de Flahaut pour surveiller la conduite du roi et réclamer la cavalerie qu'il avait avec lui. Il n'eut cependant jamais la certitude d'un traité convenu et signé. Il crut seulement que des propositions avaient été faites et reçues avec complaisance; mais enfin les mauvaises dispositions du roi de Saxe devinrent patentes par la connaissance des ordres donnés le 5 mai au général Thielmann, qui

commandait à Torgau, de ne recevoir aucune troupe étrangère dans la place, et par le refus d'en ouvrir les portes au troisième corps, qui s'y présenta.

Alors la victoire avait donné du poids aux paroles de Napoléon, et il se trouvait maître de Dresde au moment même où le roi semblait, vouloir l'abandonner. Il envoya un officier à Prague, le comte de Montesquiou, pour remettre à M. de Sera, alors ministre de France auprès du roi, une lettre qui lui prescrivait de le faire s'expliquer dans l'espace de six heures. Il devait, à l'instant même : 1° déclarer par écrit dans une lettre à l'Empereur qu'il n'avait pas cessé de faire partie de la Confédération du Rhin et reconnaissait les obligations qui en résultaient pour lui ; 2° donner l'ordre au général Thielmann d'ouvrir les portes de Torgau et de mettre à la disposition du général Régnier les troupes saxonnes qui s'y trouvaient et devaient en sortir; 5° enfin d'envoyer à Dresde la cavalerie saxonne restée près de lui, et de la mettre à la disposition de l'Empereur; dans le cas d'un refus, M. de Sera lui devait faire connaître qu'il était déclaré félon et avait cessé de régner.

Un langage pareil auprès d'un prince faible, dont les États étaient envahis et en partie occupés, devait avoir les résultats qu'en attendait Napoléon. Le roi souscrivit à tout et s'excusa auprès de l'Em-

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