‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 50 sur 198 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

pereur d'Autriche sur l'empire des circonstances. Jl lui demanda le secret sur le traité fait, signé et ratifié, et le secret lui fut gardé. Le roi se rendit à Dresde. L'Empereur donna, avec intention, un grand éclat à son retour. Il alla, le 12 mai, à sa rencontre à une lieue, accompagné de tous les maréchaux alors à Dresde, et j'étais du nombre. Il fut empressé et affectueux envers son allié ; il s'efforça d'établir l'opinion qu'il n'avait jamais douté de sa fidélité. On ne peut que plaindre un souverain placé dans des circonstances aussi difficiles, entre le salut de ses peuples et ses engagements. Les résultats de sa conduite lui ont été funestes; mais la campagne de 1813, dont la lin a été si désastreuse pour nous, a été cependant bien près d'être couronnée par des triomphes. Ainsi, en prenant seulement pour base les probabilités et les intérêts, on doit reconnaître que peu s'en est fallu qu'il n'ait eu à s'applaudir de sa politique. Ce vieux monarque, si fort aimé par ses sujets, ne doit pas être jugé avec trop de sévérité.

Le onzième corps était entré à Dresde le 8. Dès le 9 au matin, un pont fut jeté sur l'Elbe à Priesnitz. L'ennemi mit obstacle à ce travail autant qu*il fut en son pouvoir. Le 9, les quatrième, sixième et douzième corps arrivèrent à Dresde. Le 11, le onzième corps passa l'Elbe et prit position sur la roule

de Bautzen. Les quatrième et sixième corps, ainsi que le premier corps de cavalerie, suivirent la même direction. Le douzième corps resta à Dresde avec le quartier général impérial et la garde. Ce même jour le troisième corps entra à Torgau ; mais le général Thielmann, qui y commandait pour le roi de Saxe, après avoir remis la forteresse au maréchal Ney, passa à l'ennemi avec son état-major. Le cinquième corps de Meissen se rendit également à Torgau, et à ces deux corps se joignit le septième, dont le général Régnier reprit le commandement. Réorganisé, il se composa de la division française du général Durutte et des troupes saxonnes.

Le onzième corps, en s'éloignant de Dresde, avait pris la route de Bautzen, tandis que le quatrième s'était porté sur Kônigsbrùck, et le sixième sur Reiehenbach. Le 12, le maréchal duc deTarente, ayant rencontré l'arrière-garde russe, commandée par Miloradowitch, la poussa devant lui. Un autre combat assez vif s'engagea à Bichofswerda. Cette ville fut enlevée; mais les Russes l'incendièrent en l'évacuant, afin de détruire les magasins qu'elle renfermait.

Le 15, le onzième corps continua son mouvement, et prit position à moitié chemin de Bautzen. Les quatrième et sixième corps restèrent, ce jourlà, à Kônigsbrùck et à Reichenbach, ainsi que le

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