LIVRE XVII
dre l'arrivée du corps de Klénau et de quelques réserves. Il ne vit pas que, dans la disproportion des forces qui étaient en présence, un seul nouveau corps de l'armée française arrivant à Dresde donnerait plus de chances à la résistance que soixante mille hommes de renfort n'en auraient donné à l'attaque.
Le 26, au matin, le prince de Schwarzenberg se décida à attaquer, sans attendre davantage l'arrivée de Klénau. Pendant l'action, Napoléon était •arrivé à Dresde avec sa garde, et le deuxième corps, qui, des environs de Zittau, y avait été dirigé, le suivait de près. Le premier corps, qui avait été envoyé sur Kônigstein, avait passé l'Elbe et chassé le corps ennemi, formé d'un détachement de gardes russes et du deuxième corps, commandé par le duc de Wurtemberg, qui bloquait cette forteresse.
Le huitième corps était resté sur la frontière de Bohême pour couvrir la communication avec l'armée de Silésie. L'intention de l'Empereur avait été d'abord de faire son mouvement par Kônigstein, sans venir à Dresde, avec le premier, le deuxième, le sixième corps et sa garde. S'il eût passé l'Elbe sur ce point, pris l'ennemi à revers, il est difficile de calculer les immenses résultats qu'il aurait obtenus; mais les dangers imminents de Dresde, les conséquences graves qui seraient résultées de l'en-
trée de l'ennemi dans cette ville, déterminèrent Napoléon à venir à son secours d'une manière directe. En conséquence, toutes les forces qu'il menait avec lui, le premier corps excepté, furent dirigées sur ce point, et tout à coup Dresde fut sous la protection d'une puissante armée.
L'attaque avait réussi en partie. La redoute de la porte de Dippoldiswald était enlevée; celle de la route de Freyberg avait eu son feu détruit. L'ennemi occupait le grand jardin. Toutes ses forces se trouvaient concentrées devant les faubourgs; enfin tout annonçait son entrée prochaine dans Dresde quand Napoléon reprit l'offensive. Il pensa que des attaques simultanées, sur les flancs des alliés, les surprendraient et changeraient en défense une offensive qu'il était difficile d'arrêter.
En conséquence, il donna l'ordre au maréchal Ney, qui l'avait accompagné, et au duc de Trévise, de déboucher, chacun avec deux divisions de la jeune garde, en amont et en aval, la première colonne par la porte de Pirna , la deuxième par la porte de Plauen, et d'envelopper les ailes de l'armée ennemie. Le succès fut complet. L'ennemi, rejeté en arrière, occupa à la nuit une position moins rapprochée que celle qu'il avait prise avant le commencement de l'action. Cette attaque, appuyée par un centre fortifié, l'ensemble des faubourgs étant