‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 95 sur 198 · LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE

déciderai définitivement avant minuit; — concentrer toute mon armée sur Gôrlitz et Bautzen, et dans le camp de Kœnigstein et à Dresde. — Si des fortifications ont été faites à Liegnitz et à Buntzlau, les détruire. — Envoyer le duc de Reggio avec les douzième, quatrième et septième corps sur Berlin, dans le temps que le général Girard débouchera avec dix mille hommes par Magdebourg, et le prince d'Eckmùhl avec quarante mille hommes par Hambourg. — Indépendamment de ces cent dix mille hommes qui marcheront sur Berlin, et de là sur Stettin, j'aurai sur la ligne, savoir : les deuxième, troisième, cinquième, sixième, onzième, quatorzième et premier corps de cavalerie; le deuxième, le quatrième, le cinquième et la garde; cela fera près de trois cent mille hommes. — Avec ces trois cent mille hommes, je prendrai une position entre Gôrlitz et Bautzen, de manière à ne pas pouvoir être coupé de l'Elbe, à me tenir maître du cours du fleuve et àm'approvisionner par Dresde, à voir ce que veulent faire les Autrichiens et les Russes, et à profiter des circonstances. — Je préférerais rester à Liegnitz, mais de Liegnitz à Dresde il y a quarante-liuit lieues, c'est-à-dire huit marches, et en longeant toujours la Bohême, et il n'y en aurait que trente-six de Buntzlau et vingt-quatre de Gôrlitz. Si je prenais une position intermédiaire en-

tre Gôrlitz et Bautzen, il n'y en aurait que dixhuit. — Ce pays se trouverait alors plein de troupes, et nous serions, pour ainsi dire, entassés : nous n'aurions pas de peine à vivre un mois. Pendant ce temps-là ma gauche entrerait à Berlin, éparpillerait tout ce qui se trouve là; et, si les Autrichiens et les Busses livraient bataille, nous les écraserions. Si nous perdions la bataille, nous serions plus près de l'Elbe; enfin nous serions plus en mesure de profiter de leurs sottises. — Je ne vois guère qu'on puisse hésiter sur Liegnitz. 11 n'en est pas de même de Buntzlau. Je ne me dissimule pas que cette position a l'avantage de me tenir dan* le cas d'empêcher l'ennemi de passer entre FOder et moi; au lieu qu'entre Bautzen et Gôrlitz, l'ennemi, passant par Buntzlau, peut se porter sur Gôrlitz. — Le quartier général de l'armée autrichienne se réunit à Ilirschberg. Il parait que les Autrichiens veulent opérer par Zittau. — Faitesmoi connaître ce que vous pensez de tout cela. Je suppose que tout doit finir par une grande bataille, et je pense qu'il est plus avantageux de la livrer près de Bautzen, à deux ou trois marches de l'Elbe, jusqu'à cinq ou six marches; mes communications sont moins exposées; je pourrai me nourrir plus facilement, d'autant plus que, pendant ce temps, ma gauche occupera Berlin et balayera tout le bas-

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