‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 96 sur 198 · LIVRE XVli. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVli. — CORRESPONDANCE

Elbe, opération qui n'est point hasardeuse, puisque ânes troupes ont Magdebourg et Wittenberg, à tout événement, pour retraite. J'éprouve bien quelques regrets d'abandonner Liegnitz; mais, en l'occupant, il serait difficile de réunir toutes mes troupes; il faudrait les diviser en deux armées, et ce serait une fâcheuse position que celle qui nous ferait longer la Bohême sur un espace de trente lieues, d'où l'ennemi pourrait déboucher partout et se trouverait dans une position naturelle. — Il me semble que la campagne actuelle ne peut nous conduire à aucun bon résultat, sans qu'au préalable il y ait une grande bataille. — Il n'est pas besoin de dire que, tout en s'échelonnant, il sera indispensable de menacer de prendre l'offensive, en se contentant d'avoir sur l'ennemi le pays de neutralité et une ou deux lieues en avant. — L'Autriche avant une armée contre la Bavière et une ti

•contre l'Italie, je ne suppose pas qu'elle puisse avoir contre moi plus de cent mille hommes sous les armes. Je suis plus loin de croire que les Prussiens et les Russes réunis puissent eu avoir deux cent mille, en ne comptant pas ce qu'ils ont à Berlin et dans cette direction. Toutefois il me semble que, pour avoir une affaire décisive et brillante, il y a plus de chances favorables à se tenir dans une position plus resserrée et à voir venir l'ennemi. —

Je compte porter, le 14, mon quartier général à Bautzen. Évacuez à force vos malades. — Envoyez un aide de camp au duc de Ta rente afin d'être prévenu de ce que l'ennemi fait sur son extrême

droite.

« Napoléon. »

napoléon au maréchal marmont.

« Dresde, le 13 aoûl 18ir>, soir.

a Mon cousin, voici le parti que j'ai pris. Si vous avez quelques observations à me faire, je vous prie de me les faire librement. — Le duc de Reggio, avec les septième, quatrième et douzième corps et le troisième corps de cavalerie, marchera sur Berlin dans letemps que le général Girard, avec douze mille hommes, débouchera par Magdebourg, et que le prince d'Eckmùhl, avec vingt-cinq mille Français et quinze mille Danois, débouchera par Hambourg. Il est actuellement à trois lieues en avant de Hambourg, qui est devenu une place de première force; cent pièces de canon y sont sur les remparts, et les maisons qui gênaient la défense sont abattues, les fossés pleins d'eau. Le général Hoyendorp y commande une garnison de dix mille hommes. — J'ai donné ordre au duc de Reggio de se porter sur Berlin, en même temps que le prince d'Eckmùhl

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