‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 97 sur 198 · LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE

culbutera ce qu'il a devant lui, si l'ennemi lui esi inférieur, et du moins le poussera vivement quand il effectuera sa retraite. J'ai donc cent vingt mille hommes qui marchent dans différentes directions sur Berlin. — De ce côté-ci, Dresde est fortifié, et dans une position telle, qu'il peut se défendre huit jours, môme les faubourgs. Je le fais couvrir par le quatorzième corps, que commande le maréchal Saint-Cyr; il a son quartier général à Pirna; il occupe les ponts de Kœnigstein qui, protégés par la forteresse, sont dans une position inexpugnable. Ces ponts ont un beau débouché sur Bautzen. La même division, qui fournit des bataillons à Kœnigstein, occupe Neustadt avec la cavalerie. Deux divisions campent dans une très-belle position à Gieshubel, à cheval sur les deux routes de Prague à Dresde. Le général Pajol, avec une division de cavalerie, est sur la route de Leipzig à Garlsbad, éclairant les débouchés jusqu'à Hof. — Le général Durosnel est dans Dresde, avec huit bataillons et cent pièces de canon sur les remparts et dans les redoutes. — Le premier corps du général Yandamme et le cinquième corps de cavalerie seront à Bautzen. — Je porte mon quartier général à Gôrlitz. — J'y serai le 16. — J'y réunirai les cinq divisions d'infanterie et les trois divisions de cavalerie, et l'artillerie de la garde ainsi que le deuxième corps y seront

placés entre Gorlitz et Zittau, et entre le deuxième corps et la Bohême sera l'avant-garde formée par le huitième corps (Polonais). - Vous êtes à Buntzlau; — le duc de Tarenteà Lowenberg; — le g<;néral Lauriston à Gruneberg; — le prince de la Moskowa dans une position intermédiaire, entre Haynau et Liegnitz, avec le deuxième corps de cavalerie. — Cependant l'armée autrichienne, si elle prend l'offensive, ne peut la prendre que de trois manières : 1° en débouchant avec la grande armée, que j'estime forte de cent mille hommes, par Peterswald, sur Dresde. Elle rencontrera les fortes positions qu'occupe le maréchal Saint-Cyr, qui, poussé par des forces aussi considérables, se retirerait dans le camp retranché de Dresde. En un jour et demi le premier corps arriverait à Dresde, et dès lors soixante mille hommes se trouveraient dans le camp retranché à Dresde. J'aurais été prévenu, et en quatre jours de marche je pourrais m'y porter moi-même, de Gorlitz, avec la garde et le deuxième corps. — D'ailleurs Dresde, comme je viens de le dire, abandonné à lui-même, quand même il ne serait pas secouru du maréchal Saint- Cyr, est dans le cas de se défendre huit jours. — Le deuxième débouché par où les Autrichiens pourraient prendre l'offensive, c'est celui deZittau; ils y rencontreront le prince Poniatowski, la garde, qui

Page 1