I.IVIIK MX. - iHii
lui pris ou noyé. L'ennemi y penlil mvin... imis
mille hommes.
Presque toute l'armée ennemie vint se former d.l'autre côté de la rivière. Quatre-vingt mille hommes étaient en vue. Une nombreuse artillerie, déployée contre nous, ne produisit aucun efiel. lout, de notre côté, pièces et troupes, était embusqué et
mis à couvert.
L'ennemi tenta de nouveau de passer le pont;
mais mes six pièces de canon, placées à portée de
mitraille, le battaient avec succès. Beaucoup de
tirailleurs y dirigèrent leur feu, et l'ennemi, après
deux tentatives inutiles, y renonça. Un tiraillement
insignifiant s'engagea ensuite d'une rive a l autre.
Mais l'ennemi ne voulait pas renoncer a venger
ce revers. H porta une portion de ses troupes en
face de Rosnay et essaya d'enlever le pont sur lequel
nous avions passé.
Les longerons étaient découverts et sans tablier, il fallait passer en équilibre, un à un, sur les poutres. Je plaçai en embuscade, en arrière et à couvert par l'église, un officier de choix avec trois cents hommes. Je lui donnai l'ordre de laisser l'ennemi s'avancer : cent hommes au moins devaient franchir la coupure. Quand ils seraient en deçà, les trois cents hommes embusqués marcheraient sur eux, les prendraient ou les jetteraient dans 1 eau.
ii MÉMOIRES DU DUC DE RAIIUSE.
Ce l)ravo oUicier, nommé Salellc, avait été longtemps mon aille de camp. Il exécnta ponctuellement sa consigne, et le détachement ennemi, en tête de la colonne, fut détruit, mais il y perdit la vie.
L'ennemi renonça alors à faire de nouvelles tentatives. Sur ces entrefaites, on me prévint qu'une colonne se montrait sur la route de Vitry, et allait nous prendre à dos. Le moment était critique. Faire retraite dans un pays ouvert, ayant devant soi des forces si considérables, et en commençant son mouvement de si près, était fort périlleux. Un peu davance était nécessaire. La mauvaise saison vint à mon secours ; la neige, tombant à gros flocons, obscurcit le temps. Mes troupes se portèrent à un quart de lieue en arrière. Je laissai les mêmes tirailleurs au pont pour répondre à l'ennemi, en leur recommandant de diminuer successivement leur feu, et ensuite de venir nous joindre. L'ennemi ne s'apercevant ni de notre silence ni de leur départ, ils nous avaient rejoints, et nous étions en pleine marche pour Dampierre et Arcis, lorsque nous entendions encore ses décharges multipliées.
J'allai prendre position,, le soir, à Dampierre. Rarement un général s'est trouvé dans une circonstance aussi difficile. Si j'étais arrivé quelques mi-