‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 5)Chapitre 50 sur 126 · LE MARÉCHAL MAR.MOM AU MAJOR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL MAR.MOM AU MAJOR GÉNÉRAL

« Yt'iJuii, le 21 jjinvier ISIi.

« J'ai reçu la lettre que Votre Altesse Sérénissime m'a fait l'honneur de m'écrire hier. Les espérances que vous aviez conçues sur la défense de la Meuse, et qui étaient extrêmement fondées, ne se sont pas réalisées, car je viens de recevoir une lettre du duc de Bellune, qui m'annonce que l'ennemi a passé la Meuse entre Vaucouleurs et Neufchâteau, et qu'il marche sur Gondrecourt. Il est déplorable qu'on ait négligé de couper les ponts dans cette partie; car avec de la surveillance et de faibles moyens nous pouvions contenir l'ennemi sur cette ligne pendant sept à huit jours.

« Puisque la Meuse n'a pas arrêté l'ennemi un instant, il n'y a pas de raison pour que nous tenions position nulle part, ou au moins il faut changer de méthode.

« J'envoie ordre aux troupes d'évacuer Saint-

UVUl'] XIX. - COlUiKSl'O.NDA.NCi;. iù.",

Miliiel après avoir rompu le pont, cl de prendre position sur la route de Verdun à IJar-le-Due. Je nut détermine à me porter moi-même demain dans cette direction pour soutenir le duc de Bellune et le prince de la Moskowa, ou à réunir mes troupes sur Clermont, suivant les nouvelles que je recevrai dans la journée, soit des tentatives que l'ennemi pourrait faire sur la Meuse, soit sur les projets du duc de Bellune; car, si je marche sur Bar-le-Duc, je ne veux pas courir le risque d'y arriver après que cette ville aura été évacuée. »

LE MARÉCHAL MARMOiNT AU MAJOR GÉNÉRAL.

« 21 janvier 1814.

ce Je réponds à la lettre que Votre Altesse Sérénissime m'a fait l'honneur de m'écrire le 18. Le corps d'York est en ce moment devant moi , au moins la plus grande partie, et le corps de Sacken à sa gauche.

a J'estime, d'après les renseignements que j'ai recueillis, que la force de ce dernier corps est de douze mille hommes. Quant au corps d York, j'ai moins de données à son égard ; mais je pense qu'on peut évaluer sa force de dix-huit à vingt mille hommes, n

l.E MAR^XHAL MAliMONT AU DUC DE TARENTE.

« IluItz-le-Maurup, le 24 janvier 1814.

«Monsieur le maréchyl, j'ai l'Iionneur de vous prévenir que le mouvement de l'ennemi par sa gauche s'est tout à fait prononcé. — Il paraît même qu'il n'y a plus, ou presque plus personne derrière la Meuse. L'ennemi a attaqué hier, à Ligny, le duc de Bellune, qui s'est retiré à Saint-Dizier et Vitry, pendant que j'étais en marche pour me porter sur Rar-le-Duc.

a Je n'ai point de détail de l'affaire qu'il a eue, mais je crois que c'est très-peu de chose. D'après cela, je me suis mis en marche moi-même pour Vitry, a (in de le soutenir et de me rapprocher du duc de Trévise, que les manœuvres de l'ennemi tendent à séparer de nous. L'ennemi paraît avoir une forte avant-garde à Join ville.

«J'ai laissé mon avant-garde aujourd'hui à Barle-Duc jusqu'à deux heures, mais personne ne s'est présenté. Il parait que l'ennemi a suivi la même route que le duc de Bellune et a marché sur Saint- Dizier.

« Le prince de la Moskowa occupait hier Saint- Dizier avec un détachement; le reste de ses troupes s'y est porté cette nuit, et il marche aussi aujourd'hui sur Yitrv.

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(( J'ai envoyé le général lîicard .iiix Isleltes; je compte l'en rappeler après-demain.

« Toul s'est rendu sans faire aucune résistance; nons y avons perdu cinq cents hommes, que le dnc de Bellune y avait laissés.

« Telle est, mon cher maréchal, notre situation d'aujourd'hui. »

LE MARÉCHAL MARMOiNT AU MAJOR GÉNÉRAL.

« ^'ilry, le 25 janvier 1^14.

« J'ai l'honneur de vous rendre compte que je suis arrivé ici avec la division de la jeune garde et la brigade de cuirassiers. J'ai placé dans les villages louchant Yitry la division Lagrange avec l'artillerie qui est établie à Vitry-le-Brùlé , et la cavalerie légère à Changy et Oulrepont.

«Vous savez que la division du général Ricard est aux Islettesavec le lO' hussards et le régiment des gardes d'honneur.

ce Je n'ai avec moi qu'une seule compagnie de sapeurs, les deux autres étant avec la division Ricard, parce que je les avais laissées à Verdun lorsque j'en suis parti pour achever de mettre en étal cette place. — Cette compagnie, avec les officiers du génie que j'ai, se rendra, aussitôt son arrivée, pour travailler à la réparation de la route en avant.

15Ô M fi MOI H ES nu DUC DK llACUSi:.

de Vilrv , conformément à ce que vieiiL de me dire, de voire part, le général Girardin. »

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MAUMONT

« Vitry, le 26 janvier 1814, nciil heures el demie du matin.

«L'Empereur est arrivé à cinq heures du malin à Châlons, et Sa Majesté va être bientôt ici. L'intention de l'Empereur est que je donne Tordre au ducdeBellune de manœuvrer pour se réunir tout entier à Saint-Dizier, et que vous, monsieur le maréchal, vous appuyiez le duc de Bellune avec tout votre corps, en vous plaçant entre lui et Vitry.

« Quant aux deux divisions de la jeune garde, elles sont réunies aujourd'hui à Vitry, sous les ordres du maréchal prince de laMoskowa. Toutes les troupes qui étaient à Châlons et échelonnées sur la grande route de Vitry y arrivent. Vous connaissez la position de ce maréchal.

«Le prince vice-connétable, major général, « Alexandre. »

le maréchal marmoint au major général.

n I2G janvier ISM.

« J'exécute le mouvement prescrit par Sa Majesté, et je serai établi ce soir à Heils-Luthier.

Livnr. XIX. — co^lil•:sl'().^■|).\^cl•. i:.7

o Je laisse cependant trois cents hommes d'infanterie et quatre pièces de canon au pont de Vitry-le-Brûlé, jusqu'à ce qu'ils aient été relevés, ce point me paraissant ne pas devoir rester dégarni; ce qui réduira les troupes d'infanterie à mes ordres à trois mille sept cents hommes jusqu'à l'arrivée du généial liicard. »

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