LIVRE XX. — isn
le lo,ml(Mnaiii, il serait probablement géiiéral dartilleric in iwrlihtiH. Ccpciulant nous ne négligeâmes aucun efloi't pour nous tirer d'affaire, et nous y parvînmes.
Il fut convenu que le duc de Trévise mettraitses troupes en bataille en présence de celles de Kleist, et ferait bonne contenance, sans provoquer aucun engagement. Pendant ce temps, je me porterais à mon arrière-garde, et je défendrais à toute outrance le défilé de Montis, qui offrait une bonne position très-resserrée. Aussitôt la nuit venue, toutes nos colonnes se dirigeraient, chacune du point où elles se trouveraient, sur Provins et Montis. Les positions de Mortier, les plus rapprochées de l'ennemi, ne devaient être évacuées que deux heures
plus tard.
L'ennemi attaqua Montis avec opiniâtreté ; mais ce village fut défendu avec succès. Kleist se laissa imposer. Tout se passa comme il avait été convenu ; et, chose mémorable ! nous sortîmes sans aucune perte de la plus horrible position où jamais troupes aient été placées.
Tout arriva intact à Provins, infanterie, cavalerie, artillerie et équipages.
L'ennemi nous suivit, mais ne tenta rien, et nous occupâmes la position fort belle que présente Provins de ce côté.
'2iO MHMOIUKS DU IKC DK HAI^ISK.
lui journée fut employée à faire reposer les troupes. Cependnut le iiioiivcnuMil de renneuii sur Palis, avec toutes ses forées, y rendait nécessaire notre arrivée la plus prompte. En conséquence, je proposai au maréchal iMortier de partir le soir. Il nie lit quelques objections, et entre autres celle-ci (elle est si plaisante, que je me la suis toujours rappelée). 11 me dit : « Mais, si on nous voit arriver ainsi à Paris, notre présence y jettera l'alarme.
— Croyez-vous, lui répondis-je, que, si l'ennemi y arrive avant nous, l'alarme sera moins forte? »
La réponse était péremptoire. Nous partîmes, dans la nuit, pour la Maison-Rouge et Nangis. Je passai par Melun, où je couchai. Le lendemain, nos deux corps arrivèrent à Charenton, où ils passèrent la Marne.
Nous nous trouvâmes alors sous les ordres de Joseph, lieutenant de l'Empereur. Il me chargea de la défense de Paris depuis la Marne jusques et y compris les hauteurs de Belleville et de Piomainville. Mortier fut chargé de défendre la ligne qui va du pied de ces hauteurs jusqu'à la Seine. Mes troupes, placées pendant la nuit à Saint-Mandé et à Charenton, étaient réduites à deux mille cinq cents hommes d'infanterie et huit cents chevaux»