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pagne, ot dr mos mouvcmoiils combinas avoc Mortier, j'avais toujours eu l"avaiit-g;irtle (tu marchaul à l'ennemi, et l'arrière-gai'de quand nous nous i etirions. I?ai" suite de cet ariangenient, le duc de Trévise et ses troupes se mirent eu marche les premières, et se portèrent le soir dans la dii-ectiou d'Essonne. Les miennes bi vaquèrent dans les Champs-Elysées, et je me mis en route le lendemain, à sept heures du matin. A huit heures, h;s barrières avaient été remises à l'ennemi.
Je dois rendre compte ici d'une conversation (jui eut lieu chez moi, pendant la soirée, et qui est une peinture fidèle de l'opinion de l'époque. Un grand nombre de mes amis s'était réuni chez moi. Ou parla avec abandon de la situation des choses et du remède à y apporter. En général, tout le monde semblait d'accord sur ce point, que la chute de Napoléon était le seul moyen de salut. On parlait des Bourbons. La voix la plus énergique en leur faveur, celle qui me fit le plus d'impression, fut celle de M. Laffitte. Il se déclarait hautement leur partisan, et, quand je renouvelais les arguments adressés quelque temps avant à mon beau-frère, il me répondit : « Eh ! monsieur le maréchal, avec des garanties écrites, avec un ordre politique qui fondera nos droits, qu'y a-t-il à redouter? » Quand je vis un homme de la bourgeoisie, un simple bau-
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<|iiioi', (^xpriiuor une pai'cilh' opinion, je crus eii- Iciidrc la voix tie la ville de Paris tout entière. I'( Il (le luois s'étaienl écoulés, et il était devenu un (le leurs ennemis les ])lus ardents; mais j'aurai lieu de faire connaître plus d'un(> fois cet étrange caractère dont la vanité est la base, et dont le cœur n'a jamais éprouvé un sentiment véritablement généreux.
Tes magistrats de la ville vinrent chez moi, avant d'aller faire leur soumission. Mais un homme bien marquant dans cette circonstance s'y présenta aussi par plusieurs motifs. M. de Talleyrand fit demander à me voir seul, et je le reçus dans ma salle à manger. Il prit, pour entrer en matière, le prétexte de savoir si je croyais les communications encore libres; il me demanda s'il n'y avait pas déjà des Cosaques sur la rive gauche de la Seine. Il me parla ensuite longuement des malheurs publics. J'en convins avec lui, mais sans dire un mot sur le l'emède à employer. 11 cherchait l'occasion de me faire une ouverture; mais, quoique je pressentisse d'étranges événements, il ne pouvait pas me convenir d'y concourir; et, dès lors, un secret m'eût été à charge. Je voulais faire loyalement mon métier, et attendre du temps et de la force des choses la solution que la Providence y apporterait. Le prince de Talleyrand, ayant échoué dans sa tentative, se retira.
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J'ajoiilcrai à colle dij'ressioii un lail peu imporlaiil (Ml lui-mcmc, mais (|iii [)rouvfi le seiiliiiionl dont chacun rlail aniuié alors. Lavalelte, ce séide, cet homme, en apparence si dévoue à Napoléon, cet ami ingrat, qu'à mes périls je cliercliai plus tard à sauver de l'écliafaud, et qui, pour prix de mes efforts, s'est réuni à mes ennemis, était chez moi le soir du 50. Voulant emmener le plus d'artillerie possible, je lui demandai un ordre pour prendre tous les chevaux de poste dépendant de l'administration dont il était le chef. Eh bien! il me le refusa de peur de se compromettre. Combien il y a d'hommes braves hors du danger, et de gens dévoués quand il n'y a plus l'icn à entreprendre !
On a vu, dans le cours de ces récits, l'erreur dans laquelle l'Empereur était tombé en faisant passer la Marne à ses troupes. Il fut confirmé dans l'idée de l'effet qu'il supposait avoir produit sur l'ennemi par le rapport de Macdonald, annonçant que toute l'armée le suivait dans son mouvement sur Saint- Dizier.
Ce maréchal avait pris pour l'armée ennemie le corps de Winzingerode. Instruit enfin du véritable état des choses, et jugeant les dangers de la capitale. Napoléon mit en mouvement toutes ses troupes pour s'en rapprocher, mais elles étaient à plusieurs
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jours de distance. Parti de sa personne en poste, il arriva à la Conr-de-France dans la nnil du .'() an 51 . Là, il rencontra les Irunpes du duc de Tiévisc en marche, avec le général Belliard à leur tète. Celui-ci lui rendit compte des événements de la joni'née. Il m'expédia son aide de camp Flahaut, qui arriva à deux heures du matin et auquel je confirmai les récits faits à Napoléon. Flahaut retourna vers l'Empereur, qui se rendit à Fontainebleau.
Le 51, j'occupai la position d'Essonne, et, dans la nuit du 51 au 1" avril, j'allai à Fontainebleau voir l'Empereur et lui parler des derniers événements. La belle défense que nous avions faite reçut ses éloges. Il m'ordonna de lui soumettre, pour mon corps d'armée, un travail de récompense en faveur de ces braves soldats, qui, jusqu'au dernier moment, avaient soutenu avec tant de dévouement et de courage une lutte devenue si prodigieusement inégale.
L'Empereur comprenait alors sa position. Il était abattu et disposé enfin à traiter. Il s'arrêta, ou parut s'arrêter, au projet de réunir le peu de forces qui lui restaient, de les augmenter s'il était possible sans faire de nouvelles entreprises, et, sous cet appui, de négocier. Le même jour, il vint visiter la position du sixième corps. En ce moment, les deux officiers laissés à Paris pour faire la remise d(^
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hai'i'ièrcs aux alliés, MM. Denys de DamrémoiiL cl Fabvier, rentraient au quartier général. Ils aj)|)iirent à l'Empereur les démonstrations de joie et les transports qui avaient accueilli les troupes ciuiemies à leur entrée dans la capitale, l'exaltation des esprits, enfin la déclaration de l'empereur Alexandre de ne plus désormais traiter avec lui. Un pareil récit affligea profondément l'Empereur et changea le cours de ses idées. En ellet, quoiqu'il fût familiarisé avec la pensée du mécontentement public, il ne pouvait prévoir l'accueil que recevraient les étrangers, à leur entrée dans Paris, de la part de l'immense majorité des habitants de cette capitale. La paix devenant impossible pour lui, il fallait continuer la guerre à tout prix. C'était une nécessité de sa position, et il n'hésita pas à me le déclarer; mais cette résolution, fondée sur le désespoir, avait rendu ses idées confuses : en me parlant de passer la Seine et d'aller attaquer l'ennemi là où j'avais combattu, il oubliait que la Marne, dont tous les ponts avaient été détruits, était sur notre route. En général, dès ce moment, je fus frappé du dérangement complet qui avait remplacé sa lucidité ordinaire et cette puissance de raisonnement qui lui était si habituelle.
Ce fut dans ces dispositions qu il me quitta pour retourner à Fontainebleau. Il me donna quelques
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ordres do détail pour deux bnlaillous de vétérans restés avec moi, et il continua sou clieuiiu. C'était la dernière fois de ma vie que je devais le voir el l'entendre.
MM. Denys de Damrémont et Fabvier me racontèrent toutes les circonstances du mouvement de Paris, et les transports de joie dont il était accompagné. Ainsi la fierté nationale, le sentiment d'un noble patriotisme, si naturel aux Français, disparaissaient devant la haine inspirée par Napoléon. On voulait la fin de cette lutte obstinée, commencée il y avait deux ans, sous des auspices s^ imposants, suivis de désastres dont l'histoire n'offre pas d'exemple, renouvelée ensuite par les efforts inouïs de la nation, mais rendus bientôt impuissants par un monde d'ennemis composé de l'Europe entière, et auquel s'étaient joints même des souverains de la famille de Napoléon. Cet état de choses, accompagné de la défection des provinces les plus anciennement réunies et de l'épuisement absolu de la France, avait changé les opinions et les sentiments de tous. On ne voyait plus le salut public que dans le renversement de l'homme dont l'ambition avait amené de si grands désastres.
Les nouvelles de Paris se succédaient avec rapidité. Le gouvernement provisoire me fit parvenir le décret du sénat prononçant la déchéance de
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l'Empcrcnr. Col acte me fut apporta pai- M. (Charles (le MoiUessiiis, aiicicimcment mon aide i\o camp en Kgypte. Après être resté six ans près de moi, cet officier avait renoncé an service, s'était jcUV dans la carrière de l'industrie et avait embrassé avec ardeur les idées dont toutes les têtes étaient remj)lies alors à Paris. Il était, en outre, porteur de lettres de diverses personnes dont j'appréciais lisprit et j'honorais le caractère. Dans toutes, on s'accordait à me montrer la révolution qui s'opérait comme le seul moyen de salut pour la France. Au nombre des plus marquants de ces correspondants, étaient MM. Dessoles et Pasquier. Montessuis avait aussi diverses lettres pour Macdonald. entre autios de Beurnonville, et je les lui fis passer.
U serait difficile d'exprimer ici la foule de sensations que ces nouvelles me firent éprouver et les réflexions qu'elles occasionnèrent. Cette agitation profonde était le signe précurseur des sensations que le souvenir de ces grands événements ne cessera de faire naître en moi pendant toute ma vie» Attaché à Napoléon depuis si longtemps, les malheurs qui l'accablaient réveillaient en moi cette vive et ancienne affection qui autrefois dépassait tous mes autres sentiments ; et cependant, dévoué à mon pays et pouvant influer sur son état et sa destinée, je sentais le besoin de le sauver d'une
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inino couiplèto. 11 est l'acilc à im iKniiiiic (l'honneur (le reniplii' son (Knoir (juand il csl loni Iracé; mais qu'il est cvuiA de vivre dans des temps où l'on peut et où l'on doit se demander : où est le devoir? Et ces temps, je les ai vus, ce sont ceux de mon époque ! Trois fois dans ma vie j'ai été mis en présencedecettc ditïicuUé! Heureux ceux qui vivent sous l'empire d un gouvernement régulier, ou qui, placés dans une situation obscure, ont échappé à cette cruelle épreuve ! Qu'ils s'abstiennent de blâmer; ils ne peuvent être juges d'un état de choses inconnu pour eux ! Je voyais d'un côté la chute de Napoléon, d'un ami, d'un bienfaiteur, chute certaine, assurée, infaillible, quoi qu'il arrivai; car les moyens de défense avaient tous disparu, et l'opinion de Paris et d'une grande partie de la France, devenue hostile, complétait la niasse des maux qui nous accablaient. Cette chute, retardée de quelques jours, n'entraînait-elle pas la ruine du pays, tandis que le pays, en se séparant de Napoléon, et prenant au mot la déclaration des souverains, les forçait à la respecter? La reprise d'hostilités impuissantes ne les dégageait-elle pas de toutes les promesses faites? Ce mouvement d'opinion si prononcé, ces actes du sénat, du seul corps représentant l'autorité publique, n'étaient-ils pas la planche du salut pour sauver le pays d'un naufrage complet? Et le devoir
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(Tiiii Ijoii ciloycn, quelle que fiU sa posilioii, u'é- Iqiit-il pas de s'y rallier afin d'arriver immédiaU;ment à un résultat définitif? Assurément il était évident que la crainte et la force seules étaient capables de vaincre la résistance personnelle de Napoléon. Mais fallait-il se dévouer à lui, aux dépens mêmes de la France ? Les débris de l'armée, en se réunissant au gouvernement provisoire, ne donneraient-ils pas à celui-ci une sorte de dignité qui le ferait respecter des étrangers? Ce gouvernement provisoire ne devait-il pas y trouver les moyens de négocier comme une puissance, tout à la fois avec eux et avec les Bourbons, et enfin un appui pour obtenir toutes les garanties dont nous avions besoin et que nous devions réclamer?
Quelque profgnd que fût mon intérêt pour Napoléon, je ne pouvais me refuser à reconnaître ses torts envers la France. Lui seul avait creusé l'abîme qui nous engloutissait. Que d'efforts n'avions-nous pas prodigués, et moi plus que tout autre, pour l'empêcher d'y tomber! Le sentiment intime d'avoir dépassé l'accomplissement de mes devoirs pendant cette campagne était d'accord avec l'opinion. Plus (ju'aucun de mes camarades j'avais payé de ma personne dans ces cruelles circonstances, et montré une constance et une persévérance soutenues. Ces efforts inouïs, renouvelés tant qu'ils pouvaient ame-