LIVRE XX. — CORRESro.NDAXCK. ±r.i
LE MAHÉCIIAL MAMIONT AL MAJOH (.KNKltAl,.
«Réveillon, ti; 21 l.'viier ISli.
(( Monseigneur, je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire hier matin. Je ferai mes efforts pour me conformer aux instructions qu'elle renferme. Mais Sa M((jesté doit ji((jcr (le ce qu'il est possible de faire avec deux mille quatre remis hommes d'infanterie formés de quarante-sept bataillons, et neuf cents chevaux, le tout usé par cinquante-trois jours de marche d'hiver et plus de . , . combats où ce qu'il y avait de meilleur a péri. J'avais espéré que Sa Majesté daignerait penser à moi éin distribuant les nouvelles troupes.
« Mes rapports n'annoncent aucune force ennemie sur Étoges; il ne s'est montré que quelques patrouilles en avant de Montmirail. D'autres patrouilles viennent sur Montmirail de Dannery. L'ennemi n'a personne à Sézanne, mais il a. des troupes légères dans les villages en arrière; mes patrouilles entrent plusieurs fois par jour dans Sézanne.
« Je ne me rends point à Sézanne, parce que l'ennemi parait occuper en force Épernay et semhlerait annoncer un mouvement en suivant la Marne. Le général Vincent a informé le général Ledi'u,;i la Kerté-sous-Jouarre, que quatre cents ca-
i'!)(; MÈMOIllKS DU DUC DE HACUSE.
valiers prussiens étaient venus s'établir à Piroit^ s'annonçant comme l'avant-garde d'York. Je ne crois guère à ce mouvement, qui exigerait plus de forces qu'il n'en peut rester à l'ennemi sur ce point; mais je ne puis me dispenser de l'observer, afin que, s'il l'exécutait, je puisse me porter à temps sur la ^' crté-sous-Jouarre, ce que je puis faire d'ici en une ir.arche et demie, et en exigerait deux de Sézannj »