‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 5)Chapitre 79 sur 126 · LIVRE XX. — COItnESIM)M)Ai\CK · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — COItnESIM)M)Ai\CK

et, par suite, le mettre en déroule. Toutes les fois que vous m'écrivez, arrangez votre lettre comme si elle devait être lue par l'ennemi : au surplus vous avez un petit chiffre; ou enlin il faut envoyer un officier de confiance qui ferait part de ce qu'on ne pourrait écrire.

« Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

LE MAJOR GÉiNl'iUAL AU MAllKCHAL MAIi.VONT.

« L;i Fertc-sous-Jounrrc, le 15 lévrier ISIî.

c( Monsieur le duc de Uaguse, il y aura probablement une grande bataille le 17, le 18 ou le 19, du côté de Guignes, contre les Autrichiens. L'Empereur désire que vous teniez à Étoges autant que la prudence peut vous le suggérer, et que vous vous approchiez après cela de Montmirail.

c( Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

le major général au maréchal marmont.

« Me;iux, le 15 Ti'vrler 1814, onze heures et demie du so'r.

c< Monsieur le duc de Raguse, vous êtes sûrement

290 MÉMOIRES DU DUC DE liAGUSE.

instruit qu'il s'est montré quelques partis de cavalerie, et même de l'infanlerie sur les hauteurs de Montmirail, quand le général Levai et le général Saint-Germain y sont arrivés. Il paraît (pie le général Levai a fait marcher sur ces partis. On ne sait pas si c'est une colonne dirigée sur Montmirail, ou si c'est de l'infanterie égarée dans la journée d'avanthier; en tout état de cause, arrangez-vous de manière que le général Levai et le général Saint-Germain continuent leur marche de Montmirail sur Meaux , où il est de la plus grande importance qu'ils arrivent promptement. Regardez donc ces deux corps comme indépendants de votre position et manœuvrez en conséquence dans le sens des instructions que je vous ai données de la part de Sa Majesté, et par lesquelles je vous disais qu'il y aura probablement une grande bataille le 17, le 18 ou le 19 du côté de Guignes, contre les Autrichiens; que l'Empereur désire que vous teniez à Étoges autant que la prudence peut vous le suggérer, et que vous vous approchiez après cela de Montmirail.

« Agissez donc suivant les circonstances, le général Levai et le général Saint -Germain ayant l'ordre de venir à grandes marches sur Meaux.

a Je vous envoie la copie de l'ordre que j'ai

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donné hier au général Vincent, qui est resté à Cliâteau-Thierry.

« Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

« La FcrtL-sous-JoiKiiTC, le 17 fi'vricr 1814. trois heures après iiiidi.

« Monsieur le général Vincent, lEmpereur ora donne que vous fassiez mettre de suite en marche (( le bataillon qui a été laissé sous vos ordres à Châc( teau-Thierry, ainsi que les deux pièces de canon « et tout ce qu'il y aurait à Château-Thierry appar- « tenant à l'armée, pour rentrer à Meaux, et là, rea joindre sa division. Instruisez-moi de la réception c( et de l'exécution de cet ordre.

«Vous resterez à Château-Thierry avec le déta- «chement de gardes d'honneur; et, si vous étiez « poussé par des forces supérieures, prévenez-en le c( duc de Raguse à Montmirail, et venez couvrir le (c point important de la Ferté-sous-Jouarre. Ayez «soin de donner avis de tout ce qui se passe. (( L'Empereur vous recommande de nouveau d'ar- (( mer les habitants de Château-Thierry, puisque (( les armes ne manquent plus. — Armez aussi les a habitants des environs, et formez-vous ainsi une (( petite armée d'insurrection qui mette à l'abri de « toute cavalerie ennemie. Vous pouvez même pren-

•2'>2 I^IÉMOIRES DU DUC DE HAOUSE.

« dre deux pièces de canon ennemies, de celles qui « restent sur le champ de bataille, et les organiser « avec les canonniers du pays pour la défense du c< pays. »

LE GÉNÉRAL GROUCIIY AU MARÉCHAL JLVRMONT.

« Monlmir.iil, le 15 février 1814.

« Mon cher duc, je m'empresse de vous prévenir que, depuis ce matin, un corps de Bavarois, de douze escadrons, et autant de bataillons, avec de l'artillerie, venant de Sézanne, sont sur les hauteurs, entre Mauringe et Martaunay, et tiraillent avec la division Levai, qui est en position ici. Ce corps pourrait bien être l'avant-garde de Wrede.

« Le général Montesquieu, qui se trouvait à Montmirail, en est parti en toute hâte pour prévenir Sa Majesté. J'ignore quels ordres elle croira devoir donner, mais je compte rester ici jusqu'à leur réception.

« Peut-être pensez-vous que devant avoir ce corps sur vos derrières, du moment où j'abandonnerai Montmirail (si j'en reçois l'ordre), il conviendrait que vous vinssiez ici, vous mettant en marche de manière à ce que nous puissions combattre dès demain ces Bavarois et leur donner une poussée avant de nous réunir à l'Empereur.

MVUE XX. - (:oi{iu:si'(>\i»\N':f.. 2f»r.

(( Upccvcz, mon cher maréchal, l'expression do ma fidèle amitié et faites-moi bien vite part de ce que vous allez faire.

({ Comte DK riitouciiY. »

LE MAJOIl GÉNÉIUL AU MARÉCIIAI^ MARMONT.

« Moiitereau, le 20 février 1814, cirif| liciircs du mutin.

c( Monsieur le duc de Uagiise, nous venons de re cevoir vos dépêches et celles du général Grouchy. c( Puisque vous avez abandonné la route de Montmirail, l'Empereur pense que vous devriez vous porter sur Sézanne pour vous trouver sur la route de Vitry . vous seriez alors en position de vous porter sur Arcis-sur-Âube ou de retourner sur Montmirail pour couvrir la route de Châlons.

c( 11 est nécessaire que vous ayez des partis de cavalerie et d'infanterie à Montmirail.

« Wintzingerode, qui avait occupé Soissons avec cinq ou six mille hommes de troupes, l'avait évacué le 16, pour se porter sur Reims et probablement sur Châlons. Étant opposé à ces corps, il faut, monsieur le maréchal, que vous en suiviez les mouvements.

c< L'ennemi, battu à Montereau, a évacué Bray et Nogent, et se porte en toute hâte sur Troyes; quelle

îDi MKMOllU'S nu DUC DE RACUSR.

est son intention? Vcnt-il livrer bataille à Troyes, rappeler Bliiclier, qni, de Châlons par Arcis-sur- Âube, ponrrait être en trois on quatre jours à Troyes? Alors il faut qu'il passe par Arcis-sur-Aube, et vous ne pourrez pas ignorer son mouvement. Ou bien l'ennemi veut-il s'éloigner bien davantage pour se concentrer ou se rapprocher.de ses renforts?

c( Une raison qui pourrait le déterminer à tenir Troyes, ce serait le désir de couvrir le congrès de Châtillon-sur-Seine; mais cette considération pourtant ne serait que du second ordre.

« Nous avons rétabli le pont de Bray ; il est probable que dans la journée nous aurons rétabli le pont de Nogent; une de nos colonnes est déjà arrivée à Sens.

«. En résumé, monsieur le maréchal, vos instructions sont donc : 1° de couvrir Paris sur la route de (hâlons et Vitry ; 2° de vous réunir à l'armée sur l'Aube et Troyes, en même temps que Blûcher (si Blûcher se réunissait à l'armée alliée).

a Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

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