‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 5)Chapitre 97 sur 126 · LIVRE XX. — CniU\RSI'O.M)ANri'. .m · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — CniU\RSI'O.M)ANri'. .m

une vive canoiimulo danshi diroclion do Mcaiix. Lo mouvement de l'ennemi sur Paris n'est pas dotileux.

(( Kn conséquence, nous marchons siii- la capitale, et nous nous mettons en marche cette nuit pour Nantis et Melun , d'où nous descendrons la Seine pour nous porter sur Charenton. Je prie Votre Excellence de me faire connaître la situation des choses, afin que je puisse modifier mes mouvements d'après les circonstances. »

« P. S. La défense de Montis a été fort glorieuse. Une poignée d'hommes, avec deux pièces de canon, a résisté à vingt ^pièces de canon et quatre mille hommes d'infanterie bavaroise, qui les ont attaqués sans succès, et cette poignée de braves a ramené son canon au milieu des embarras causés par la nuit et les mauvais chemins. »

LETDUC DE TIIÉVISE AU MARÉCHAL MARMONT.

« Nangis, le '2<S mars 1814.

« Mon cher maréchal , je croyais "vous trouver ici, ainsi que nous en étions convenus hier.

« Votre aide de camp vous remettra copie d'une lettre que je viens de recevoir du ministre delja guerre. Je 'regrette que nous ne soyons pas restés aujourd'hui à Provins; nous aurions pu nous jeter,

"..l(i MUMOIIII'S DU DUC Dli UAGUSK.

en cas d'évcneiiiciil, siii- Nogont, sur Bray ou sur Montereau.

«Je prends le parti de rester à Nangis aujourd'hui si l'ennemi n'occupe pas Rozoy en forces; dans ce dernier cas, je me porterai sur Brie-Comte- Bobert, et, finalement, sur Bonneuil, ayant ma gauche à la Marne, ma droite à la Seine, pour couvrir Charenton. Cette position ne m'offre point de chance fâcheuse si le pont de Saint-Maur est suffisamment gardé, et je serai prévenu à temps si l'ennemi forçait le passage de Meaux ou celui de Lagny.

« Je vous engage à faire réoccuper le pont de Nogent par les troupes du général Souham.

a J'ai dû marcher très-lentement et faire de fréquentes haltes, à la pointe du jour, pour rallier mille à douze cents hommes de vos troupes, qui étaient restés en arrière. Je les ai lait passer devant les miennes.

c< Je vous prie , mon cher maréchal , de me donner de vos nouvelles, et d'agréer l'assurance de ma haute considération et de mon attachement.

a Le maréchal duc de Trévise. »

c< P. S. Dans le cas où je ne pourrais pas rester ici ce soir, je prendrais position à Guignes. »

LIVIIH NX, -- COnilKSI'ONDAlVCIi:. .--,7

LK MAIIKCIIAL MAI'.MONT AU MINISTKK l)K LA lilJKIll'.i:.

« Mc'lun, 2S iiiai's ISIi, sojil lieiirc^ du soir.

« J'ai ou l'honiieiir de vous éciire liior par le colonel Fabvier. J'attends avec impatience la réponse de Votre Excellence pour bien connaître ce qui se passe sur la Marne.

« Les troupes que nous avons eues devant nous à la Ferté ont dii arriver hier de bonne heure à Coulommiers et à Rebais. J'ai vu moi-même, étant à la Ferté, des colonnes d'artillerie et de bagages prendre la direction de Rebais. C'est donc par Meaux et la Ferté-sous-Jouarre que l'ennemi veut opérer, et c'est sur ce point qu'il faut porter nos forces et notre attention. Ce système de l'ennemi est d'autant plus naturel, qu'opérant aussi par Soissons toutes ses colonnes se trouvent liées entre elles. Je voudrais être à Meaux ou à Lagny avec le duc de Trévise; et cela serait sans la marche absurde et ridicule que nous avons faite sur Provins, et que je n'ai pas été à temps d'empêcher. Je marche à tired'aile pour réparer le temps perdu, mais je crains bien d'arriver trop tard, et le mal a été augmenté encore par le séjour que nous avons fait à Provins, dont nous aurions dû partir plus tôt; mais, à cet égard, je n'ai rien à me reprocher. On a entendu

hier distinctement, le canon entre Coulommiers et HozoY, on entre Coulommiers el Crécy. En consé- (jnence je n'ai i)u prendre la route directe de Meaux ni de I^agny, puisqu'il aurait fallu passer sur le corps à l'ennemi. Je n'ai point pris non plus celle de Guignes, parce que la cavalerie ennemie pouvait être aujourd'hui sur cette route, et que, dans ces immenses plaines de Brie, rien n'est plus dangereux qu'une marche de flanc un peu longue, surtout avec des troupes fatiguées et harassées, et enfin parce que je veux éviter toute espèce d'engagement, jusqu'à ce que j'aie pris ma ligne d'opération sur Paris, et que j'aie reçu les munitions qui me manquent.

« Le duc de Trévise, qui devait d'abord suivre la même direction que moi, m'écrit qu'il a pris position à Nangis, et que, si l'ennemi est en forces à Uozoy, il se portera sur Guignes. Je souhaite qu'il ne lui arrive pas malheur, mais je le crains fort. Sa station à Nangis ne remplit aucun objet, et il court la chance d'être détruit; et, sil ne l'est pas, il est au moins inutile à la défense de la Marne, qui est le point important. Je viens de lui écrire pour l'engager à passer la Marne et à suivre mon mouvement.

« Je compte aller coucher demain à Charenton, et après-demain j'irai sur Lagny et Meaux; et, si Tennemi n'est pas en opération sur la rivière, je dé-

Livni- \x. — cninu;siM)M».\M;F':. 5')!»

boucherai par Meaux pour éclairer ses uiouveinenls. c( J'ai laissé le général Soiihamsur la Seine, occupant Nogent, Bray et iVlontcreau, et je lui ai ordonné de faire couper les ponts. Par ce moyen la cornmunication avec l'Empereur est assurée par la rive gauche de la Seine. »

LE MINISTRE DE LA GUEIUIE AU MAHÊCIIAL MARMOM.

a Paris, le 28 ninrs 1814, six heures et ileinie ilii soir.

« J'ai riionneur d'informer Votre Excellence que l'ennemi, qui est parvenu à enlever hier la position de Meaux, se porte en forces sur Paris, et qu'il est déjà sur Claye.

« Il est donc de la plus haute importance, monsieur le maréchal, que vous vous rendiez en toute hâte avec vos troupes, et monsieur le duc de Trévise avec les siennes, vers Paris, c'est-à-dire plus près de la capitale.

« Je prie Votre Excellence de se mettre en marche sans aucun délai ; et dans le cas où, d'après les renseignements que vous pourriez avoir, vous croiriez ne pas pouvoir vous diriger par Brie-Comte- Robert sans y trouver des forces ennemies supérieures aux vôtres, vous vous dirigeriez de Nangis droit sur Corbeil, pour y passer la Seine, et de là gagner les abords de Paris.

olO MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

c( J'écris dans le inèiDc sens à M. le ducdelrévise, afin que vous combiniez ensemble votre mouvement, qui exige la plus grande célérité.

a Le général Souham, à qui j'écris aussi, gardera la ligne de la Seine, entre Montereau et Nogent, avec ses troupes, pour la communication avec l'Empereur.

« Je vous prie, monsieur le maréchal, de me faire connaître, par le retour du courrier, la direction que vous aurez prise, ainsi que le moment auquel vous serez rendu près Paris.

« Duc DE Feltre. »

a P. S. Nous avons reçu à quatre heures des nouvelles de l'Empereur du 20, deSaint-Dizier. Sa Majesté y avait battu complètement deux divisions commandéespar le général VVintzingerode, qui avait pris retraite sur Bar-sur-Ornain. On avait fait deux mille prisonniers, etc.

« Le général Compans était à Ville-Parisis, à trois heures, avec presque toutes les troupes ennemies sur les bras. »

Page 1