‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 5)Chapitre 98 sur 126 · LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT

« Paris, le 2',) mars 1814.

c( Monsieur le maréchal, vous ne pouvez trop tôt arriver à Gharenton avec votre corps d'armée, pour

i.ivnr, \x. — coi'.îU'Si'OMi.wcK. :,',)

(le là manœuvrer (le manière à soutenir le géni'Tal Compans, qui a couch(î cette nuit à Vert-Galant, et qui a, en effet, sur les bras tontes les forces des corps de Kleist, de Saeken, d'York, et, je crois, encore, le grand-duc Constantin et les Wurtembergeois. Avec sept ou huit mille hommes de troupes qui ont déjà faibli, il a fait ce qu'il pouvait. On m'assure que ses avant-postes, attaqués ce matin, avaient été repliés. Si vous arrivez, monsieur le maréchal, on peut espérer de contenir l'ennemi entre Vincennes, qui est fortifié, et Saint-Denis, qui a été mis à l'abri d'un coup de main.

« Vous savez que le pont de Lagny est en partie rompu; c'est donc sur la droite de la Marne que vous pourrez déboucher; mais il n'y a pas une minute à perdre. Je cherche à envoyer encore quelques renforts au général Compans; mais les heures passent, à cause des distances et des difficultés du service dans une grande ville. J'ai écrit au comte Daru pour que vous ayez des vivres et du vin (si faire se peut) en arrivant à Charenton.

« Le mouvem.ent sur Provins a tout compromis ^

' Il est bini^iiliei- que le duc de FelUe, qui n'a jamais iiiit la guerre, se permette de blâmer le premier mouvement sui- Provins, qui a été le salut de deux corps d'armée, et qui était rendu nécessaire et indispensable, puisque, en même temps que la grande armée nous suivait, nous avon.-' rencontré en bataille, sur la grande route, à la Ferté Gaucber, en ar-

3'r2 MÉMOIHES DU UUC Dl-: I! ACUSK.

« Oiioiqu'on n'ail pas de nouvelles de l'Empereur depuis le '20 au soir, et que Sa Majesté n'ait point ;innoncé la direction qu'elle prendrait, on doit calculer qu'il est impossible que 1 Empereur n'arrive pas, sur le dos de l'ennemi qui nous presse, d'ici à trois jours au plus tard. Le salut de l'État dépend peut-être de résister pendant ces trois jours. Je reçois a l'instant votre bonne lettre d'aujourd'hui, à sept heures du matin. Il faudra garder le pont de Saint-Maur; cela doit regarder le duc de Trévise, qui, au lieu d'occuper Bonneuil, pourra loger ses troupes à Maisons, à Créteil, à Charenton, et avoir sa gauche à Fontenay-sous-Bois, si cette position lui paraît bonne et si les dispositions du terrain ne s'y opposent pas.

« Le ministre de la guerre,

« Duc DE Feltre. »

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