‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 100 sur 156 · LIVRE XXVI. — CORRESPONDA>"Ct · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — CORRESPONDA>"Ct

n'ai pas manqué de proclamer hautement mes convictions à cet égard. Je regarde aussi comme certain que, malgré toutes les nouvelles dont sont remplis les journaux, les négociations de Londres n'amèneront aucun résultat qui lui soit contraire, et déjà divers indices prouvent l'impossibilité de s'entendre. J'applaudis cependant beaucoup aux mesures de prévoyance dont on s'occupe en Egypte et dont vous voulez bien m'entretenir. Le temps récompensera de si nobles efforts, et j'aurai bientôt, j'espère, à féliciter le vice-roi de ses succès. 11 faut seulement de la patience. Je suis avec une constante préoccupation tout ce qui se passe chez vous €t concerne Méhémet-Ali, et je ne perds jamais l'occasion de chercher à lui être utile quand elle se présente. Je vous demande, de votre côté, monsieur, de me tenir exactement au courant de ce qui se passe en Egypte; vous me devez cette complaisance, en raison de l'amitié que je porte au vice-roi. « Agréez, etc., etc.»

« Alexanùrle, le 16 avril .8 40.

« Monsieur le maréchal,

« Par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser en date du 11 février, laquelle a beaucoup satisfait Son Altesse le vice-roi, mon

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maître; vous me demandiez de vous tenir toujours au courant de ce qui se passe chez nous. Dans le désir de pouvoir annoncer quelque chose de nouveau, j'ai retardé ma réponse jusqu'à ce jour; différer davantage, ce serait manquer aux égards qui vous sont dus, monsieur le maréchal, et cependant, comme rien n'est survenu, il ne me reste rien, presque rien à ajouter à la lettre écrite le 16 janvier dernier.

c< Son Altesse le vice-roi continue dans son système .de modération et attend qu'on lui rende justice; s'il continue ses armements, c'est uniquement dans les vues d'une défense légitime. Son Altesse Ibrahim-Pacha ne fera pas le moindre mouvement sans un ordre du vice-roi, et cet ordre ne serait donné qu'en cas qu'on fût attaqué. Vous avez eu, monsieur le maréchal, des entretiens très-fréquents et assez intimes avec Son Altesse le viee-roi pour avoir pu connaître sa manière de penser et sa loyauté; on affecte aujourd'hui de ne pas croire à ses promesses, lorsqu'il donne au jour le jour une preuve convaincante d'y être religieusement fidèle. Il attend, et sa demande malgré les événements et les circonstances n'a jamais changé, l'hérédité pour sa famille de ce qu'il possède et qu'on n'a pu lui ravir. Il proteste de son obéissance, de son attachement à son souverain, au service duquel il veut se

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