LIVRE XXVI. — COURESPONDANCE
lution de la question principale. Dans tous les cas, je suis convaincu que le vice-roi ne manquera pas à sa destinée et sera à la hauteur des événements qui peuvent survenir.
a Je rencontre souvent M. le consul de Danemark à Alexandrie, qui s'occupe avec zèle des intérêts de l'Egypte et me semble très-dévoué au vice-roi. Je trouve du plaisir à causer avec quelqu'un dont les opinions sont aussi en harmonie avec les miennes. 11 voulait partir pour Alexandrie; je l'ai engagé à rester encore, parce que je crois sa présence utile aux intérêts du pacha.
« Veuillez agréer, monsieur, etc., etc. »
Boghos-Bey me répondit :
« Alexandrie, le 16 juillet 1840.
c( Monsieur le maréchal,
« Les journaux et les salons de l'Europe ont sans doute fait retentir aux oreilles des personnes marquantes que des troubles existaient en Syrie, à la montagne du Liban; car il importait à ceux qui voulaient arracher cette province à sa domination actuelle de faire exécuter un mouvement qui pût donner crédit à leurs présages diplomatiques et les établir sur le trépied de prophètes.
244 MÉMOIRES DU DUC DE HAf^USE
c(Le mouvementa eulieii, en effet; mais, comme il devait essentiellement tenir de l'essence de sa création étrangère, il ne put jamais prendre naissance dans le pays; il n'a eu aucune base fixe, aucun but avoué, aucun chef de marque. De pauvres montagnards ont été trompés; leurs yeux n'ont pu se dessiller qu'au moment où le gouvernement égyptien s'est vu dans la nécessité de prouver que^ s'il leur avait accordé du temps pour se reconnaître, c'était l'effet de la magnanimité de notre viceroi (qui veut le repentir du coupable plutôt que sa destruction) et non de la faiblesse.
a Sans faire le moindre déplacement dans les cantonnements des troupes en Syrie, et en écrivant à son fils Ibrahim-Pacha qu'il en faisait son affaire, Méhémet-Ali a réuni à Beyrouth, Saïda et Balbeck un nombre plus que suffisant de troupes pour réduire les insurgés, quand même ils auraient opposé une opiniâtre résistance. Son Altesse Abbas-Pacha fut envoyé d'Egypte pour commander en chef les opérations.
ce Vous comprendrez, monsieur le maréchal, que, ces dispositions achevées, tout devait se terminer sans autre délai. On signiiia aux chefs insurgés, gens de nulle valeur, de mettre bas les armes; ils firent sentir qu'ils se rendraient si on leur assurait des avantages personnels. Une pareille proposition