LIVRE XXVI. — CORRESPONDAiNCE
faisait sentir que le mouvement insurrectionnel demeurait toujours factice et n'avait point de racine dans la population; mais il aurait été honteux de l'accepter, et, après avoir signifié le refus, on en vint aux armes.
c< Cette démonstration fit évanouir tous les projets conçus sur l'opinion d'une faiblesse qui n'existait que dans des cerveaux malades; on s'empressa de livrer les armes et d'implorer le pardon.
c( Je renouvelle, monsieur le maréchal, etc.
« BOGHOS-JODSSOUF. »
«Alexandrie, le "27 août 1840.
« Monsieur le maréchal,
« J'ai eu l'honneur de recevoir et de soumettre à Son Altesse le vice-roi la lettre que vous avez bien voulu m'adresser le 25 juillet dernier. Son Altesse, qui apprécie en tout temps vos bons conseils, a remarqué avec plaisir une coïni^idence nouvelle dans les idées ; les troubles de la Syrie ont été apaisés par la vigueur de sa résolution, accompagnée et suivie de sa modération. Aussitôt que les Maronites ont quitté la partie et remis leurs armes, la montagne du Liban a été évacuée par les troupes, afm de prévenir les excès auxquels leur présence aurait
pu donner lieu; les chefs mêmes des révoltés ont ojjtenu la vie sauve et ont été expédiés au Sennaar.
« Il a été fort malheureux que les cabinets de l'Europe, très-mal renseignés depuis quelque temps par leurs agents officiels, aient pu croire que de pareils troubles, dans une province comme la Syrie, pussent se changer en insurrection générale. Aucun motif de plaintes sérieux n'avait été donné, et ceux qui ont forgé des griefs pour remuer les masses ne sont parvenus à séduire qu'un petit nombre; les faits l'ont prouvé à l'évidence. Ces troubles mêmes auraient été plus tôt étouffés si Son Altesse le viceroi n'avait pas ordonné à Son Altesse Ibrahim-Pacha de ne point s'en inquiéter, qu'il en ferait son affaire.
ce Cela est d'autant plus malheureux, qu'il a pu faire prendre avec une précipitation que rien ne saurait justifier, et presque «/> irato, une décision à Londres, criante d'injustice contre Son Altesse le vice-roi, et tellement criante, qu'elle a été repoussée à Constantinople même parmi les ennemis de Méhémet-Ali ; mais les personnes dirigeantes n'ont d'autre planche de salut que l'importance que leur donnent la question actuelle et l'appui de l'é-
.tranger.
« Rifaat-Bey, commissaire de la Porte, a notifié cette décision à Méhémet-Ali, le 16 août. Son Al-