‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 109 sur 156 · LIVRE XXVI. — CaRnESPONDAMCE · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — CaRnESPONDAMCE

se prêter à rien qui puisse troubler son empire ou faire chanceler son intégrité.

« J'ai l'honneur de vous réitérer, etc.

C( BOGHOS-JÔUSSOUF. »

« Alesandrio, le G novembre 1840.

« Monsieur le maréchal,

« Honoré par la bonté de Son Altesse le vice-roi. mon auguste maître, qui me permet d'assister quelquefois a ses conseils et d'y exprimer librement mon opinion, je prends la liberté, monsieur le maréchal, de vous adresser cette lettre particulière^ où je viens réclamer le concours de vos lumières pour agir et parler en temps et lieu dans les vrais intérêts de celui que vous appelez votre ami et que je révère comme mon maître et bienfaiteur, de celui auquel j'ai voué toute mon existence, comme un faible acquit de toutes les obligations que sa confiance m'impose.

c( Vous avez parcouru l'Orient, monsieur le maréchal, et avez pu juger de ce qui existe, de ce qui peut former l'intégrité de l'empire ottoman: vous avez connaissance pleine et entière des débats qui ont eu lieu dans la question actuelle, et des sentiments élevés de Son Altesse le vice-roi; vous avez dans votre dernière lettre approuvé la dignité et

la raison qui ont préside aux résolutions prises dans des circonstances difficiles. Vous n'ignorez pas que Son Altesse aurait désiré en appeler à la médiation de toutes les puissances qui doivent chercher le maintien de la paix, et que la France seule, étant exclue de la convention du 15 juillet, se trouvait nécessairement la seule des hautes puissances à qui la médiation fût échue, et avec d'autant plus de raison, qu'elle avait toujours donné des conseils pacifiques, malgré son abstention de concourir aux mesures proposées et ensuite adoptées contre l'Egypte.

« Néanmoins, ayant toujours considéré la mission Brunow sous un point de vue où la question égyptienne n'était que secondaire, j'ai dû concevoir l'espérance que d'autres cabinets ne seraient pas aussi hostiles à Méhémet-Âli que celui de Londres, quoique possiblement poussés par des rapports haineux. La haute sagesse de Son Altesse le prince de Metternich m'a toujours fait croire qu'elle n'a pas accédé de plein gré à ladite convention, et qu'elle profiterait des nouvelles circonstances pour rétablir l'équilibre que d'autres circonstances l'avaient forcé d'abandonner.

(( En cela la conduite de Méhémet-Ali servira admirablement ceux qui chercheront à lui faire rendre justice. La Prusse, selon toutes les appa-

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