‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 110 sur 156 · LIVRE XXVI. — COHRESi'ONUANCE. 2tJ · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — COHRESi'ONUANCE. 2tJ

rences, suivra les impulsions du chef de la diplomatie européenne et marchera avec TAutriche. La France, quoi qu'on en dise et qu'on imprime, vu létat des partis qu'elle a daAs son sein et les progrès de son industrie, n'entrerait dans une guerre que forcée par une nécessité absolue et pour son compte. Ainsi je compte déjà trois cabinets sur cinq enclins à la paix.

« Restent les deux antagonistes, aujourd'hui alliés, entre lesquels les autres auront de la peine à maintenir la balance. La Russie, par sa force et son voisinage, exercera toujours une grande influence sur l'empire ottoman. Cette influence lui est aujourd hui disputée et presque enlevée par l'Angleterre, qui, étant trop éloignée, cherche à prendre des positions rapprochées, aux dépens du sultan quelle entend protéger et au détriment des tiers. Quelles qu'en soient les suites, l'Egypte ne devrait pas compter la Russie au nombre de ses ennemis. Celte idée se trouve renforcée lorsque je jette les yeux sur une dépêche que la chancellerie impériale a adressée à M. le comte de Médem, consul général russe en Egypte, le 21 juin 1839, signée par M. le comte de Nesselrode. Son Altesse le vice-roi ne s'est en rien écarté de la volonté de Sa Majesté l'empereur Nicolas, relatée mot à mot dans la susdite dépêche. Il peut donc espérer que la

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Russie ne lui sera plus ennemie, comme elle ne chercherait à lui faire aucun mal tant qu'il se bornera à défendre ce qu'il possédait du consentement de son souverain.

« Cependant il devient inexplicable aujourd'hui que la Russie, qui n'a aucun grief à opposer à Méhémet-Âli, veuille, par son consentement et au besoin par ses forces, concourir à l'abaissement du jnême Méhémet-Ali et lui enlever la Syrie et le pachalick ou le district d'Adana, qu'il possédait déjà du consentement de son souverain, et cela lorsque Méhémet-Ali n'a point tiré parti de sa position heureuse, après Nézib, pour accélérer la fin du différend, précisément par respect pour les puissances et d'après leurs assurances bienveillantes.

« Monsieur le maréchal, permettez-moi, ainsi que je l'ai dit, d'invoquer vos propres lumières et les liaisons que votre éclatant mérite vous a procurées avec des personnes augustes, pour avoir en détail, par les faits comme par le raisonnement, votre opinion sur la conduite du cabinet de Saint- Pétersbourg et sur ses intentions envers Méhémet- Ali et sa famille.

« Vous me rendrez un grand service, monsieur le maréchal, en m'aidant à fixer mes idées sur ce point important, et vous me faciliterez les moyens de me rendre utile à mon auguste maître.

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