‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 112 sur 156 · LIVRE XXVI. — CORISESPONUANCE. 2G · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI. — CORISESPONUANCE. 2G

Méhémet-Ali se prête à arrêter promptemenl un torrent qui semble vouloir le renverser. »

« Alexandrie, le 26 -décembre 1840.

o. Monsieur le maréchal,

« La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 25 novembre dernier est venue confirmer entièrement nos idées dans les suppositions qui motivèrent les questions du 0 novembre, et, dans ces sentiments, Son Altesse le vice-roi se conduisait tout à fait dans la ligne des conseils que renferme votre susdite, parvenue ici le là courant. Des avis indirects annoncent qu'on se disposait à envoyer de Constantinople un personnage distingué à Alexandrie ; ainsi nous ignorons la décision qui sera prise et sommes dans l'attente. De notre côté, il ne reste plus rien à faire. Son Altesse le vice-roi me charge de vous présenter, etc., etc.

« BOGHOS-JOUSSOUF

Voici ma réponse à la précédente :

« Vienne, le 23 janvier 18 il.

« Monsieur, « J'ai riionneur de vous accuser réception de la

lettre que vous avez bien voulu m'écrire le 26 du mois dernier. Vous imaginez la part sincère que j'ai prise aux malheurs qui ont affligé le vice-roi, en même temps que j'ai admiré sa sagesse et sa prudence. Un homme d'un esprit aussi supérieur sait toujours se soumettre à l'empire de la nécessité. J'ai donc éprouvé une véritable satisfaction de le voir, en dernier lieu, se décider à prendre un parti que je regardais comme un moyen de salut pour lui. Je ne puis pas vous dire combien les intrigues dont Constantinople est le théâtre me causent d'humeur et d'ennuis. Cependant, l'Angleterre ex- €eptée, je crois pouvoir vous assurer que les dispositions des autres puissances sont bienveillantes pour Méhémet-Ali et sincères dans leurs rapports -avec lui. Je ne doute donc pas que l'on s'accorde à le faire investir enfin de l'hérédité qui lui a été promise. Je m'en réjouirai sincèrement, et fais des vœux pour qu'une fois le calme revenu, un ordre régulier établi et la paix assurée, le vice-roi s'occupe à réparer les maux que de longs efl"orts et de grands sacrifices ont fait éprouver à l'Egypte. Cette illustre contrée mérite de jouir d'un bien-être qui assure l'établissement fondé par Méhémet-Ali.

« Je suis reconnaissant du prix que le vice-roi attache à mes conseils; les circonstances me faisant ■croire qu'il est opportun de lui en adresser, je le

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