LIVRE XWI. - DOCUMENT
et ma gauche. En conséquence, je me dipigeai obliquement par rapport à leur ligne de bataille. Mon but était, dans le cas où je n'aurais pas réussi avec la droite, de la retenir sous la protection de ma cavalerie et d'attaquer avec ma gauche et mon centre. « Arrivée à quatre cents pas du mamelon, l'armée prit son ordre de bataille, la deuxième et la troisième ligne par un changement de direction par le flanc droit pour faire face au pont; la cavalerie par des changements de direction par régiments a gauche. Pendant que l'armée exécutait ces divers mouvements, je fis sur-le-champ occuper par une batterie de gros calibre le mamelon, clef du champ de bataille. Les Turcs, sentant l'importance de cette position, ouvrirent leur feu d'artillerie, ce qui ne m'empêcha pas d'assurer la position de la batterie et d'indiquer moi-même aux canonniers sur quelle direction ils devaient tirer. Je redescendis à la droite et ordonnai à l'artillerie de se porter en avant et d'ouvrir ses feux. Deux régiments d'infanterie et quatre de cavalerie furent envoyés sur notre extrême droite pour protéger mon mouvement, et la fusilladeet la canonnade s'engagèrent de toutes parts sur ce point. Il y eut un moment d'hésitation, et nos troupes furent un instant ramenées sur la droite. Cependant nous tînmes bon, et la gauche turque fut forcée de se replier. En apercevant ce
mouvement, j'en profitaipour porter en avant toute ma droite, et j'envoyai l'ordre sur-le-champ au ■€entre et à la gauche d'arriver sur la ligne des feux •et de développer les siens. L'armée turque ne put résister à toutes ces attaques successives et faites avec beaucoup d'ensemble, et elle se mit en retraite sur son ancien camp. Elle fut poursuivie par notre artillerie de première ligne et par les première et ■deuxième lignes d'infanterie. La troisième ligne •d'infanterie et d'artillerie de réserve prit posilion sur les hauteurs qui couronnaient le camp turc. C'est à cet instant que l'armée turque fut mise -en pleine déroute. C'est une belle et glorieuse victoire, mais c'est une des plus sanglantes que j'aie ■vues. Pour mon compte, j'y ai éprouvé une très- .grande fatigue, mais pas autre chose; un de mes aides de camp a été enlevé par un boulet à l'instant •où je me portafs avec toute ma droite sur l'ennemi; fun autre a eu son cheval tué. Nous avons pris dans le camp cent quarante-quatre pièces de canon avec leurs caissons, trente-cinq pièces de gros calibre ■dans les redoutes de Biredjeck, abandonnées par les Turcs; toutes les tentes, depuis celle de Hafer-Pacha jusqu'à celle du dernier soldat; armes, instruments, pelles, pioches, etc., etc.; de dix-huit à vingt mille fusils, et de douze à quinze mille prisonniers, qui •ont été sur-le-champ envoyés dans l'endroit qu'ils