LIVRE XXVI. - DOCUxMEiM
nué tranquillement sa route, vint prendre positioit sur la rive gauche de la rivière. La journée du 25 fut employée à préparer les armes pour la bataille et aux revues passées à l'artillerie, à l'infanterie et à la cavalerie.
« Dans la nuit du 23 au 24, à peu près vers minuit, l'ennemi amena deux batteries d'obusiers dans la direclion de notre gauche, et jeta environ deux cent cinquante obus dans le camp. Il y eut quelques désordres ; un de mes aides de camp eut son cheval blessé d'un éclat d'obus, et nous eûmes sept à huit hommes tués et une trentaine de bles-^ ses. Il paraît que l'ennemi avait reconnu la direction de ma tente, car le plus grand nombre de& obus vint tomber autour de moi. A l'instant même je me portai aux avant-postes, et leur feu fut bientôt éteint par un feu roulant d'artillerie, que la veille, de crainte de surprise, j'avais disposée à cet effet tout autour du camp. Comme je l'ai su plus^ tard, ils eurent plusieurs canonniers tués et blessés, et ils se retirèrent dans leur camp en désordre, infanterie, cavalerie et artillerie. Pendant ce temps^ j'avais fait prendre les armes à toute l'armée. A mon retour, chacun reprit son poste, et nous attendîmes le jour. A peine il connnençait, que l'armée se mit en marche, toujours par ligne en colonnes, la première ligne formant la première colonne et mai-
*27fi MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
chant par divisions à distances entières; la deuxième ligne, deuxième colonne, marchant par bataillons en doubles colonnes sur le centre et à intervalles de déploiement; la troisième ligne, réserve, troisième colonne, marchant par bataillons en doubles colonnes, avec intervalles de deux divisions entre les bataillons. Six régiments de cavalerie marchant en colonne serrée, par régiment, en avant et sur la direction de la troisième ligne, deux régiments de cavalerie à l'arrière-garde. En ouvrant la marche, je marchai quelques mille pas sur une direction presque perpendiculaire à la ligne de bataille turque, pensant que peut-être ils déboucheraient dans la plaine pour accepter la bataille en rase campagne.
« Voyant qu'ils ne faisaient aucun mouvement, j'exécutai un changement de direction à gauche, et marchai, parallèlement à leur ligne, à peu près deux mille pas, faisant toujours attention s'ils prenaient quelques dispositions pour manœuvrer en conséquence. Ayant reconnu leur intention bien prononcée d'accepter la bataille sur l'emplacement où ils se trouvaient, je changeai de direction à gauche, et me dirigeai sur un mamelon qui se trouvait à hauteur de leur droite, devenue leur gauche par leur face en arrière. J'avais l'intention <rattaquer avec ma droite, en refusant mon centre